mardi 27 novembre 2012

Une journée à Gênes

Le dernier week-end j’ai passé environ une journée à Gênes: belle occasion pour faire un tour aussi bien le soir que pendant la journée.

Gênes, ancienne république maritime, est une ville que j’affectionne non seulement parce que de là partent de nombreux ferries pour la Sardaigne, mais aussi parce qu’elle a une belle atmosphère, multiculturelle et vivante, et une riche vie culturelle (entre autres, Gênes a donné naissance aux chanteurs-compositeurs italiens Umberto Bindi, Luigi Tenco, Bruno Lauzi, Gino Paoli et, last but not least, Fabrizio de André. 

Je suis arrivée vers la fin de l’après-midi, sur un train (bien évidemment) en retard, et après une courte pause à l’hôtel (je le conseille: joli, central et pas trop cher) je suis partie en balade malgré un cocktail explosif rhume + asthme déjà bien en place. Mais que voulez vous, l’envie de faire une sortie avec mon frère a été plus forte que la maladie! C'est la fête

On a donc eu le temps de voir la place De Ferrari, une des principales de la ville, occupée par une manifestation des lycéens (une des traditionnelles manifs’ avant Noël en Italie)…

…de faire une promenade le long du port, occupé par une multitude de yachts et de navires de croisière…

…et de voir cette grande sculpture moderne qui indique le Musée Luzzati.

On a aussi pu voir le Dôme San Lorenzo…

…le Palazzo Ducale (qui était pendant des siècles le siège des Doges de la république maritime)…

…et même, en toute vitesse, l’installation de l’artiste mexicaine Elina Chauvet “Zapatos Rojos” (qui avait déjà été présentée à El Paso) contre la violence sur les femmes. Pas mal hein pour une soirée?

Le lendemain, on est aussi allé dans un endroit incontournable à Gênes: l’aquarium! Comme vous l’avez déjà vu, j’aime bien les aquariums. Celui-ci est le deuxième plus grand d’Europe (mais malheureusement une partie est actuellement fermée pour rénovation). A part les dauphins, requins et poissons tropicaux (qu’on voit très souvent malgré tout), à l’Aquarium de Gênes on peut voir des étoiles de mer polaires avec des poissons polaires, qui restent très immobiles face à la vitre…

…des étoiles de mer charnues…

…des pingouins, dans un décor qui permet de les observer tant dans l’eau que sur terre…

…et des méduses (mais la salle des méduses était un peu décevante, avec trop peu d’espèces).

En somme, ça vaut la peine d’aller à l’aquarium. Par contre, il y a deux structures annexes où on peut éviter d’aller, à savoir le “Jardin tropical” et la “Biosphère”. Il s’agit de pièces assez petites (trop petites pour que la visite soit satisfaisante), avec de la végétation et des animaux en liberté dont des papillons, des piranhas, des tortues, des colibris…

…et d’autres oiseaux tropicaux.

Si vous faites un tour par là, je vous conseille de passer par une boutique/restaurant qui s’appelle Eataly (il s’agit d’une chaine présente aussi dans d’autres villes italiennes dont Turin, Milan, Rome, aux USA et au Japon). Avec une grande boutique de nourriture d’excellente qualité et en vaste majorité bio se trouvent 4 restaurants, eux aussi d’une qualité haute et en partie bio…le tout, qui plus est, avec un beau panorama sur le vieux port et sur une partie de la ville (dans la photo, remarquez à quel point il faisait beau…)!

Finalement, autre endroit incontournable est la Via del Campo, une rue du vieux centre qui était connue pour les nombreux bordels et à laquelle le chanteur Fabrizio de André avait dédié une célèbre chanson.

Les fans ne peuvent sans doute pas passer à coté des peintures et graffitis qui lui sont dédiés le long de la rue, ni du petit musée Via del Campo 29 Rosso qui est dédié à lui et aux autres compositeurs de Gênes.

En plus en se promenant dans la vieille ville on voit les ruelles caractéristiques de Gênes, les Caróggi, avec leurs maisons très serrées et même des églises coincées au milieu des bâtiments.

Et voilà, après cette journée je suis rentrée en Suisse toute malade Triste mais aussi toute contente de mon tour génois Sourire.

Pour nous quitter, voici la magnifique Via del campo (traduite en français) de Fabrizio de André, qui peint un portrait de la vie de rue dans la vieille Gênes aux accents à la fois locaux et universels. Quoi dire à part qu’il s’agit d’un beau texte, belle musique et voix à tomber par terre!* Bonne route!

Fabrizio de André - Via del Campo

* Et si vous voulez écouter encore plus de musique de l’école génoise, voici quatre belles chansons des artistes mentionnés plus haut!

Umberto Bindi – Il nostro concerto

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Luigi Tenco – Ciao, Amore, ciao

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Gino Paoli – Il cielo in una stanza

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Bruno Lauzi – Amore caro, amore bello

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vendredi 23 novembre 2012

Arezzo #2

Après quelques jours de conférence, j’ai enfin pu visiter la ville d’Arezzo pendant la journée! Il s’agit d’une ville absolument charmante dont voici quelques images.

Comme dans toutes les villes italiennes, il y a beaucoup d’églises. Les deux principales sont la Cathédrale de San Donato (Duomo) et l’église de St. François. Cette dernière est connue surtout pour les fresques de Piero della Francesca et pour une grande croix en bois qui décore la chapelle où ces fresques se trouvent.

La Cathédrale a une architecture gothique, mais une décoration éclectique: on peut par exemple y trouver une chapelle baroque…

…mais aussi un autel très moderne, qui contraste avec les vitraux sans pour autant être choquant.

La Cathédrale, qui donne sur une belle place où se trouve aussi la mairie…

…est située sur une colline qui domine la ville.

Elle est aussi entourée par un vaste parc…

…depuis lequel on peut admirer la campagne toscane.

En se baladant dans la ville on est entouré par toute sorte de bâtiments, monuments et autres éléments architecturaux anciens qui créent une atmosphère agréable, comme ce clocher…

…ou la très connue Piazza Grande. Je ne vais pas détailler l’histoire de tous les bâtiments qui entourent la place; juste pour l’anecdote, la place un des lieux où le film “La vie est belle” a été tourné!

Finalement, comme promis, voici deux images de boutiques. Ce qui surprend est l’apparence des boutiques, qui semblent dessinées tant elles correspondent aux attentes et à l’imaginaire collectif attaché à l’Italie centrale en particulier et à la Toscane en particulier.

Si vous allez à Arezzo, n’oubliez pas de faire une halte au restaurant “Il Chioschetto”: c’est très central et on y mange vraiment bien (cuisine locale savoureuse et légère) pour un prix correct…tout en admirant les œuvres de l’artiste Lucio Gatteschi.

Pour nous quitter, voici encore une chanson de l’artiste toscane Gianna Nannini (vous l’aurez compris, je l’aime bien!), “Una luce”. Bonne route!

Gianna Nannini – Una luce

mercredi 21 novembre 2012

Arezzo #1

Depuis deux jours je suis à Arezzo, jolie ville de 100.000 habitants au cœur de la Toscane où se tient le premier Forum “Environnement Santé et Développement”, avec une section “eau” que je suis venue écouter (et qui se révèle très intéressante pour l’instant).

Puisqu’un forum médical bien plus grand (le plus grand du pays, apparemment!) a lieu en même temps, l’endroit où ont lieu les conférences ressemble à une grande foire de la santé, avec tout plein de stand qui vont de l’écologie…

…à l’apprentissage de l’usage d’un défibrillateur….

…et bien sûr un peu de green-washing pour certaines entreprises (dans la photo, le stand de Siemens).

Pour l’instant, je n’ai vu le soleil que tôt le matin….

…et je n’ai pu visiter la ville que la nuit, mais ce que j’ai vu est bien beau: une vieille ville bien conservée et très vivante, avec des anciens palais, beaucoup d’églises (ce n’est guère étonnant en Italie) et des magnifiques magasins.

L’entrée à la vieille ville se fait par la porte de Saint Lorentino, sous laquelle se trouve une reproduction de la fameuse Chimère d’Arezzo.

Ici, voici l’église de la Santissima Annunziata, avec une petite place devant la façade. Apparemment, l’intérieur mériterait d’être visité mais bien évidemment elle est fermée pendant la nuit…

Un autre coin sympa est la "”Badia delle sante Flora e Lucilla”, qui donne sur une place plutôt grande:

Bien qu’elle contienne un crucifix très ancien et imposant et de nombreux tableaux, la chose qui m’a frappée le plus est cette petite niche bleue dédiée au Christ:

A part ces quelques monuments, la ville vaudrait le détour rien que pour ses boutiques: toutes sont extrêmement soignées et décorées, et donnent l’impression de se balader dans une autre époque (des photos suivront).

Et finalement, comment ne pas mentionner l’accent toscan qui m’entoure: j’adore! Pour nous quitter donc, faisons honneur à une artiste toscane, la superbe Gianna Nannini, avec sa chanson “Profumo” (avec traduction en français!). Bonne route!

dimanche 4 novembre 2012

De la bonne musique: ZZ Top – La futura

Finalement un dimanche de repos! Je suis donc allée me détendre aux thermes d’Yverdon-les-Bains, une station  proche (30 minutes de train) et assez chouette, même si entièrement textile (y compris dans saunas et hammams, ce qui peut être embêtant). J’ai donc pris le train et j’ai profité du trajet pour écouter un peu de musique.

De nos jours c’est bien difficile de trouver de la bonne musique, mais fort  heureusement elle n’a pas complètement disparu. Il y a quelques temps, je me baladais sur le site de Rolling Stone, et c’est là que j’ai déniché le nouvel album des ZZ Top, “La futura”.

Les ZZ Top, groupe rock du Texas, existent depuis la fin des années 1960 et “La futura” est leur 15ème album… mais aussi le premier de leurs albums que j’écoute! Ceci est doublement dommage: d’un côté, puisque selon Wikipédia ils sont “among the most popular rock groups, having sold more than 50 million albums worldwide, half of this in the United States alone” (mais bon, à présent je les ai découverts donc mon ignorance est résolue!); et de l’autre côté parce que cet été ils étaient en concert tout près d’ici, comme l’atteste cette photo prise à Saint Jullien en Genevois…et bien évidemment du coup j’ai loupé le concert!

ZZ Top Concert, à Saint Julien en Genevois le 29 juillet 2012. Photo prise par MABattesti, licence CC by-sa

“La futura” nous propose une série de morceaux de pure rock. Ce qui frappe dans cet album, c’est la qualité des chansons que, tant pour les textes que par la musique, se proposent comme des classiques du genre. En effet, il ne s’agit pas d’une musique révolutionnaire…mais si vous aimez le rock et blues rock des années 1970, 1980  et partiellement 1990 vous allez adorer!

Les thèmes des chansons ne sont pas extrêmement variés…mais les textes épurés sur drogue, alcool et filles sont des evergreens et ils assurent une atmosphère “sex, drug & rock’n roll”. Les musiques sont richement travaillées: les chansons varient du rock dur et pur de Consumption aux accents blues de Over you. Toutes les chansons sans exception mettent en valeur la belle voix grave du chanteur Billy Gibbons, qu’on ne se lasse pas d’écouter…et elles envoient un son puissant et énergique.

Ca vaut donc la peine de parcourir les titres de “La futura”, pourquoi pas en commençant par un des morceaux les plus entraînants de l’album, Fliyn’ High. Bonne route!

ZZ Top – Flyin’ High

dimanche 28 octobre 2012

Le mec de la tombe d’à côté

Le froid est arrivé (ou mieux, il est de retour). Vues les conditions météo difficiles et l’avalanche de travail (l’overbooking continue!), j’ai renoncé à tous les projets de balade et je suis en train de terminer un week-end casanier. Si vous comme moi restez à la maison, rien de mieux qu’un bon bouquin. Aujourd’hui je vous suggère un roman romantique qui nous vient de Suède:

 

Katarina Mazetti nous plonge dans l’histoire de Désirée, une bibliothécaire citadine, veuve et cultivée, et de Benny, un agriculteur vivant à la campagne, célibataire et qui a interrompu ses études pour s’occuper de la ferme familiale.

Ces deux personnages n’ont rien en commun. Pas de rapprochement possible, donc, si ce n’est pas les hasards de la vie – ou plutôt, dans ce cas, de la mort!

C’est en effet au cimetière que ces deux voisins de tombe se rencontrent (tombe du défunt mari pour elle, et des parents disparus pour lui). Si au début ils se jettent des regards en coin et se détestent par la même occasion, se trouvant réciproquement très (trop) bizarres, les deux commencent à fantasmer sur leurs vies réciproques, et finissent par se parler et même se revoir au delà du cimetière.

C’est le coup de foudre. Une passion violente, physique, qui les emporte et qui semble effacer les différences et les préjugés qui opposaient Désirée et Benny…on croise donc les doigts pour un final heureux…
….Mais petit à petit les oppositions réapparaissent. Plus l’histoire avance, plus les différences de gout, d’opinion, de comportement deviennent insurmontables. Nos héros finissent par se séparer, mais reconnaissent qu’un lien unique continue de les unir…

Dans un style agréable et fluide, l’auteur propose une histoire classique, et en même temps très actuelle. La narration oppose le point de vue des deux protagonistes, raconté à la première personne. On se rend aussi compte “en direct” de leurs espoirs, de leurs frustrations, de leurs joies. Même si le lecteur a envie d’y croire, les malentendus se construisent sous ses yeux…et on voit comme des “prises de tête” plutôt bêtes finissent par devenir rapidement des tragédies nationales, qui mettent sérieusement en danger (et font, au final, capoter) celle qui aurait pu être une belle et longue histoire d’amour.

J’ai vraiment bien aimé ce bouquin, non seulement parce qu’il est bien écrit et très prenant, mais aussi parce qu’il fait réfléchir aux barrières et limites mentales qu’on se créé tout seul et qui souvent empêchent d’atteindre le bonheur.

En voici deux extraits, le premier écrit par Désirée, et le deuxième par Benny.

[Désirée] “J’eus le sentiment de me trouver au milieu du rêve de quelqu’un d’autre. Quelqu’un en train de piéger un séduisant-propriétaire-foncier-avec-vingt-quatre-vaches-laitières. Plus le recrutement. Sauf que moi, je n’avais rien demandé de tel, je m’étais plutôt réconciliée avec l’idée de rester vieille fille, à la rigueur avec un chat. Et un amant par petites doses pour maintenir les hormones à un niveau stable.
C’était en quelque sorte too much, comme disait toujours Märta. E tout cas, vingt-quatre de trop. Mais, je ne le dis pas. Il en était tellement fier.
Ensuite ça a évidemment fait des histoires quand j’ai eu envie de rentrer chez moi. J’avais accumulé  exactement la quantité de broderies au point de croix et de procédés de fumure que je pouvais supporter en un jour et une nuit. J’avais besoin de chouchouter mon châssis durement éprouvé dans un bain chaud, de lire Dagens Nyheter, d’écouter un peu de Boccherini, de boire une tisane et de me coucher dans des draps blancs et propres. J’avais besoin de réfléchir. Mais avant que j’aie eu le temps d’exprimer tout cela d’une façon aimable, Benny a sorti du congélateur un kilo de viande hachée qu’il m’a lancée en disant, tout excité, que ça nous ferait le diner – on pourrait peut-être faire des boulettes de viande? Mon regard alla de lui au bloc congelé, puis à lui de nouveau. Je dis un truc tiré par les cheveux comme quoi je me trouvais sur le coup d’un choc des cultures et qu’il fallait me ramener dans mon milieu habituel un petit moment.” (pp. 87-88)

[Benny] “Parfois j’ai l’impression que je suis ne train d’apprendre son corps par cœur, comme si j’avais peur qu’il disparaisse. Je connais ses creux sous les clavicules, ses orteils droits, le grain de beauté sous son sein gauche et le duvet blanc sur ses avant-bras. Si on jouait à colin-maillard, je ne me tromperais jamais, à condition qu’elle soit nue. Je crois que je la reconnaitrais rien qu’à la manière dont son nez forme un angle qui pointe en l’air. C’est assez marrant, elle se trouve tout à fait quelconque. Moi, j’ignore totalement si elle est belle ou laide, ça n’a aucun intérêt, pourvu qu’elle reste comme elle est.
Ce soir-là, elle n’a pas dit un mot. Je ne savais pas si je pouvais commencer à lui faire l’amour, en général elle montre clairement quand c’est le moment. Puis elle a poussé un long soupir, m’a repoussé sur le dos, a pris mes mains baladeuses et les a croisées sur ma poitrine. Puis elle s’est mise à jouer justement à colin-maillard avec moi, toujours sans dire un mot. (…) Elle ne m’avait jamais touché comme ça auparavant – et il n’était pas question de zones érogènes. En tout cas pas pendant un long moment. Je crois que j’étais au bord des larmes. Et je sais qu’elle pleurait. Ses larmes tombaient sur ma main mais quand j’ai essayé de dire quelque chose, elle a posé un doigt sur ma bouche.
- Chut, j’essaie ma vie! a-t-elle dit. Je ne sais pas ce qu’elle voulait dire, mais à ce moment-là, ça paraissait évident, comme ça arrive parfois dans les rêves.” (pp. 135-137)

Maintenant que je vous ai (peut être) convaincus de courir à la Fnac (ou chez Payot, ou à la bibliothèque) vous procurer le bouquin Rire  gorge dploye, quittons nous avec une belle chanson qui résume bien le livre, “Fotoromanza” de l’italienne Gianna Nannini. Bonne route!

Gianna Nannini – Fotoromanza