dimanche 9 octobre 2011

Panic of girls (Blondie)

Entre la semaine dernière (édition USA) et cette semaine (édition USA-CNN), les lecteurs de Rolling Stone ont pu enfin lire la recension du neuvième album studio du groupe étasunien Blondie. Il s’agit de “Panic of Girls”, qui a été diffusé de manière assez novatrice en plusieurs pays entre décembre 2010 et septembre 2011...et qu’il vaut la peine d’écouter!
La version base de l’album contient 11 chansons aux styles variées (parfois trop: on tombe facilement d’accord avec le critique de Rolling Stone sur le manque de cohérence de ce travail!).
Plusieurs particularités caractérisent cet album. Comme j’ai déjà dit, en premier lieu le choix des chansons est excentrique et il dresse une sorte d’inventaire de tout ce que les Blondie ont pu faire musicalement, du rock à la musique commerciale aux ballades hispano-américaines (assez kitch).
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Deuxièmement, le mode de diffusion de l’album a été assez spécial, puisque certaines chansons ont été mises à disposition gratuitement (sur internet et avec le journal britannique “The Mail on Sunday”), tandis que l’album a été créé en plusieurs versions (des morceaux “bonus” qui changent selon la version achetée - USA, UK, Japon, Allemagne – sont ajoutés aux 11 morceaux de base) et mis en vente en des lieux non conventionnels (grande distribution, internet). Le choix d’éditer plusieurs versions de l’album a d’ailleurs été grandement critiquée par les fans du groupe, certains d’entre eux soutenant que les meilleures chansons n’apparaissaient que comme bonus et seulement dans certains pays. Enfin, la pochette de l’album (voir la vidéo ci-dessous) est en réalité une œuvre d’art, commissionnée en 2010 au peintre surréaliste néerlandais Chris Berens.
Quelques uns de ces titres ont une allure de déjà vu et auraient facilement pu être supprimés, par exemple “The End, the End”, “Wipe Off My Sweat” ou “Love Doesn’t Frighten Me” (ce qui est bizarre, si on pense que la sélection des chansons publiées a été faite à partir de 35 morceaux)!. Cependant, les bons morceaux sont “du vrai Blondie” et leur qualité excellente compense les fausses notes présentes ici et là.
DH1 Ainsi, on passe des dance-rock “D-Day” (qui vous donnera envie de bien monter le volume de votre enceinte hi-fi) et “What I Heard” au reggae de “Girlie Girlie” (une petite chanson au texte facile et au rythme entrainant, qui rend justice à la belle voix de la front-woman du groupe, l’éternelle Debbie Harry, ici à côté) et à une reprise de “Sunday Smile”, du groupe folk Beirut.
Parmi les bonus-tracks, méritent d’être mentionnées “Sleeping Giant”, un autre morceau de disco-rock en pure style Blondie, “End Of The World”, une chanson qui s’écoute bien et qui est presque du rock progressif (avec 30 ans de retard) et “Please Please Me”, reprise du titre des Beatles qui met aussi en valeur la voix de la chanteuse.
Le son saturé des versions studio est fait pour plaire, surtout au nouveau public jeune du groupe.
Cependant, si vous avez connu les Blondie depuis leurs débuts (je parle bien évidemment de grands classiques comme “Heart of glass”, “Call me”, “Atomic”, “X-Offender”), vous apprécierez mieux les versions live… Blondie_(Debbie_Harry)_One
…heureusement qu’il y a Youtube, par exemple pour cet aperçu de “D-Day” avec des tons bien plus acides que la version studio!
Bien sûr, si jamais vous êtes au bon endroit au bon moment, vous pouvez aussi profiter des versions live en live (notamment ce soir même à Palm Desert, California)…eheheh. Par contre, si vous n’y êtes pas, et que vous êtes nostalgiques des Blondie en français (notamment “Denis”, qui a été reprise entre autres par Sophie Ellis-Bextor bien de temps après), vous pouvez vous consoler en écoutant l’hommage que la band a réservé à la chanson française dans le morceau n° 10 de ce nouvel album, “Le Bleu”. Bonne écoute et bonne route!

dimanche 2 octobre 2011

Trouvailles sur le web: Google Music et IFTTT.com

Cette semaine on a fait la connaissance de deux nouveaux outils du web, Google Music et iftt.com.
Google Music, pour l’instant en version beta, est une plateforme de gestion de musique en ligne. Pour l’instant elle aurait dû être disponible seulement sur invitation et aux USA, mais si vous réussissez à vous faire inviter (merci E.N.; si jamais, j’ai encore 8 invitations à distribuer) il vous suffit de masquer votre adresse IP pour y accéder.
Le principe est plutôt simple: grosso modo il s’agit d’une copie virtuelle de iTunes (moins performante), qui vous permet de télécharger sur la plateforme toute la musique qui se trouve sur votre ordinateur…et après de l’écouter en ligne où que vous soyez, aussi bien sur l’ordinateur qu’à travers l’application pour Android (disponible aussi seulement aux USA).
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De plus, Google Music permet de télécharger des nouvelles chansons gratuitement. Bien que l’idée d’offrir un portail centré sur la musique soit bonne et probablement porteuse, cette version contient encore plusieurs défauts, en tout cas pour un utilisateur européen. Premièrement, les connexions internet domestiques ne sont souvent pas assez performantes pour qu’on puisse télécharger toutes les chansons de notre collection dans un temps raisonnable…et on doit donc faire face à des attentes assez longues (j’ai mis 45 min – 1h pour 14 albums avant de laisser tomber).
Il semblerait cependant que les réalisateurs de la plateforme aient déjà remarqué cela, puisqu’ils ont crée aussi le logiciel Music Manager (encore une espèce de iTunes moins élégant que l’original), proposé au démarrage de votre compte, qui débute les téléchargements dès le démarrage de votre ordinateur.

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Deuxièmement, les abonnements de téléphone portable ont souvent des forfaits de téléchargement qui ne sont pas trop importants (500 méga avec Swisscom dans les abonnements moyenne gamme) et qui risquent de vite s’épuiser si on profite la musique en ligne à travers l’application pour Android. De plus, l’accessibilité depuis le natel est réduite à cause du débit de la connexion internet, souvent trop faible pour qu’on envisage d’écouter de la musique en streaming.
Enfin, cette nouvelle facette de Google n’est pas connecté aux autres services offerts par le groupe. Ainsi, l’aspect le plus intéressant qu’un service de ce type aurait pu offrir, notamment l’interaction et l’insertion de la musique sur les réseaux sociaux, n’est absolument pas exploité. C’est bien dommage, puisqu’il s’agit d’une part de marché juteuse que ni Facebook ni Apple/iTunes (avec Ping) n’ont réussi à conquérir de manière convaincante.
Vu qu’il s’agit d’une version provisoire, ça va probablement s’améliorer avec le temps…mais pour l’instant elle n’apporte pas grande chose en plus que ce qui existait déjà, du moins selon moi.
IFTTT.com est une plateforme permettant d’exploiter au mieux les autres services et informations présentes sur internet grâce à la création de commandes simples, basées sur la syntaxe “si X, alors Y” (IF This, Than That).
Ainsi, on peut créer une série de formules qui permettent de faire communiquer plusieurs applications entre elles, et même d’envoyer des SMS (pour le moment seulement aux USA). Par exemple, j’ai crée une formule qui dit “si un nouvel élément apparait dans le feed rss du blog, alors un nouveau statut contenant le lien vers l’article apparait sur facebook”… idd
et voilà le resultat: à peine une minute après la publication du post sur Klaas Hendrikse, le statut relatif a été publié de manière automatique sur mon profil Facebook!
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Toutes les formules peuvent être partagées grâce à l’onglet “recipes”…de cette manière, on peut aussi apprendre des autres participants.
Pour l’instant, ifttt.com permet de combiner 35 éléments et services différents, parmi lesquels Youtube, Twitter, WordPress, Delicious, Instagram. Chaque utilisateur peut créer un maximum de 10 taches, qui sont répétées chaque 15 minutes; la plateforme a fait le buzz ces derniers temps, comptant déjà un total de 100.000 tâches enregistrées…et une fois qu’on l’a essayée, on n’a pas de mal à comprendre pourquoi! Donc, une excellente idée qu’il vaut la peine de tester!
Pour aujourd’hui, nous voilà arrivés à la fin. En vous souhaitant une bonne semaine (qui est d’ailleurs la Semaine végétarienne mondiale), et après la chanson des REM du post précédant, je vous propose de nous quitter sur un morceau très connu d’un autre groupe qui quitte les scènes, à savoir “Wind of change” des Scorpions. Bonne route!

Klaas Hendrikse: un pasteur athée

+Mardi soir (27.9.2011) à l’Espace culturel des Terraux (Lausanne) a eu lieu une rencontre intéressante avec Klaas Hendrike, un pasteur néerlandais qui se proclame athée et qui a recueilli ses idées dans un livre publié pour la première fois en 2007. Organisée par l’Eglise réformée vaudoise, cette conférence lausannoise nous a permis de découvrir une pensée intéressante, contenant toutefois quelques zones d’ombre (voire carrément des incohérences).
Selon Hendrikse, le “dieu” mentionné dans la bible ne serait qu’un mot indiquant l’ensemble des relations et des expériences humaines (en particulier les expériences interpersonnelles); en somme, ce serait un peu ce que certains sociologues appelleraient le “capital social”.
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Le centre de la pensée du pasteur est “transformer les événements indifférents en des expériences significatives”. La bible elle-même serait un livre mythologique, contenant des fables sur comment mieux avancer dans la vie: par exemple, l’histoire de Noé et de son arche indiquerait que quand on se trouve dans une situation difficile et désagréable on doit bouger, provoquer le changement, et ça ira mieux. Cependant, puisque les expériences vécues sont propres à tout un chacun, le “dieu” qui va avec serait lui aussi personnel (et non pas universel). Dans ce contexte, le rôle de l’église serait de faire l’exégèse de la bible elle-même, afin que les “croyants” puissent tirer le plus grand parti de l’interprétation des histoires qui y sont contenues. En plus, il n’y aurait rien de transcendant (pas d’élément ou d’être surnaturel)…et la religion aurait comme seul but de stimuler la réflexion sur les attitudes quotidiennes des gens. Malgré tout cela, le pasteur souligne que dans sa paroisse il pratique un culte traditionnel, avec sermon et récitation du “Notre Père”.
Or, si le principe de considérer la bible comme un livre mythologique est à priori partageable, tout le reste de la théorie est un peu bancal (voire beaucoup). Depuis le début, quand le pasteur affirme que des êtres surnaturels n’existent pas, il se démontre tout autant borné que les intégristes religieux: au fond, il n’en sait rien (exactement comme vous et moi), donc il ne peut nier l’existence d’un ou plusieurs “dieux” pas plus qu’il ne peut l’affirmer. Ensuite, il soutient que le mot “dieu” indiquerait des relations, des expériences…mais dans ce cas, étant donné que les expériences individuelles sont uniques et propres à celui qui les a vécues, en fonction de quoi identifierait-on des principes universels? En plus, pourquoi la bible aurait-elle un statut supérieur aux centaines de milliers de livres et autres œuvres dont on peut faire l’exégèse, de l’Iliade aux chansons des Nirvana? En outre, pourquoi le pasteur en tant qu’exégète aurait-il un statut différent de celui du prof de lettres, du théologien ou encore du simple lecteur – d’autant plus que si “dieu” est personnel, la lecture et l‘interprétation des textes le sont tout autant? Et enfin, à quoi bon croire en une religion immanente – dans ce cas, on n’a pas meilleur temps de se contenter de ce qu’on voit et d’appeler les expériences avec leur nom, sans le substituer par “dieu”? Tant de questions qui restent sans réponse.
Face à ce drôle de pasteur, à la théorie bizarre et un peu incohérente, on reste sceptique. En effet, être pasteur tout en niant l’existence de dieu n’a pas grand sens à mes yeux…et en plus le fait de nier l’existence d’un dieu n’est une moindre preuve de naïveté que l’affirmer. Il aurait probablement été plus judicieux de ne pas se prononcer sur l’existence d’une dimension transcendante et d’essayer d’améliorer la vie des hommes à travers des réflexions vraiment philosophiques (par exemple sur l’efficacité de la règle d’or pour structurer la vie sociale).
Pour rester en thème, je vous propose la classique “Losing my religion”, des américains R.E.M., qui ont annoncé leur séparation la semaine dernière. Bonne route!

lundi 26 septembre 2011

C’était dans le mille!

Ce week-end c’était donc la Fête des vendanges à Neuchâtel,  événement d’autant plus marquant que cette année la ville fête ses (premiers) 1000 ans d’existence. Dans un scénario inondé de soleil et plein de monde, voici ce qu’on pouvait faire et voir pendant ces quelques jours outre boire et manger dans les nombreux stands au centre ville.
Samedi dans les airs
Le spectacle des avions légers mais surtout de la patrouille suisse le samedi après-midi était très impressionnant. IMG_0501
Au bord du lac, des milliers de personnes étaient en effet rassemblées pour admirer des pirouettes aériennes.
IMG_0631 Après le bruit des avions militaires, l’air a été rempli des joyeuses notes des guggenmusik, sorte de fanfares décalées et goliardiques aux costumes très colorés. Jolie musique, mais oh combien de gens en face de la scène!
Un peu trop à notre goût, ainsi on a décidé de s’éloigner gentiment pour assister à la dernière partie de ce samedi dans les airs, c’est-à-dire les feux d’artifice. Il est clair qu’après avoir assisté aux feux de Genève on a tendance à faire la fine bouche… IMG_0804
…mais compte tenu des moyens réduits et de l’organisation générale (rivaliser avec les finances et les installations genevoises était quand même très dur), on doit admettre que somme toute le spectacle n’était pas si mal que ça. Depuis les Jeunes Rives, loin de la foule, on a donc admiré des beaux feux, agrémentés par le cadre portuaire et les réverbérations dans l’eau. IMG_0811
Les transports publics neuchâtelois étaient aussi bien organisés et pas trop bondés, ce qui rendait possible de s’éloigner rapidement de la foule et de la fête une fois le show terminé et d’abandonner le centre-ville en toute sécurité….sans oublier de prendre les peluches que Sandra a gagné pour moi au tir (merci :) …et merci aussi pour la gentille concession des droits d’usage des photos – ouf dieu sait combien ça va me coûter…….. :D )!!!
Dimanche sur terre
Le dimanche est traditionnellement le jour du cortège de la fête, qui traverse quelques rues du centre-ville et où défilent des nombreux chars préparés par des associations, des groupes et des entreprises…le tout agrémenté par la musique des fanfares et des guggenmusik.
Voici quelques uns des personnages qui rendent le défilé unique.

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Un magicien sur patins à roulettes… IMG_0935
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…des confrères vignerons…
…la délégation de la ville invitée (cette année: Le Landeron)… IMG_0997
IMG_1076 …des majorettes…
…une île en pet… IMG_1099
IMG_1106 …un méga-tandem…
…des hippies… IMG_1187
IMG_1222 …des “Miss Fête des vendages”...
…des rockeurs… IMG_1232
IMG_1265 …des chars traditionnalistes…
…plein de confettis… IMG_1322
IMG_1350 …un w-c fou…
…un drôle de sportif… IMG_1390
IMG_1408 …des cygnes fleuris.
Finalement, on est redevenus enfants pour un moment en prenant partie à une grande bataille de confetti…et ça c’est marrant!En somme, une fête agréable et amusante, d’autant plus que le soleil était de la partie!
Après la fête, nous revoilà à Lausanne, où les sorties sympa ne manquent pas non plus. Tout particulièrement, pour ceux qui se sont intéressés au “Petit traité de désobéissance féministe” dont on a parlé quelques mois en arrière, je signale demain soir à 19h30 une rencontre autour de la publicité avec l’auteur du livre, Mme Pahud, organisée par le collectif lausannois “Feminista!”.
Nous voilà arrivés à la fin pour aujourd’hui. Vue l’heure de publication, je vous propose un morceau “nocturne”, Goodnight moon des Shivaree. Bonne écoute et bonne route!

samedi 24 septembre 2011

Une tempête gaie déferle sur l’Italie

Entre les déboires financières et les frasques “fêtardes” du gouvernement Berlusconi (putes, drogue et rock ’n roll”), quelques semaines en arrière en Italie on a beaucoup parlé du rejet de la loi contre l’homophobie. En riposte, une liste de outing a été diffusée par certains activistes, contenant les noms d’une dizaine de politiciens italiens ayant pris des positions homophobes par le passé. Cette liste, publiée hier, a fait beaucoup parler, surtout sur le net et les commentateurs n’ont pas hésité à discuter d’un éclatement de la communauté LGBTQ du pays (voir ici, ici et  ici pour un résumé en français). En partageant l’avis d’un ami, Aurelio Mancuso, et en ayant assisté à des nombreuses prises de position plus ou moins critiques de la part d’amis et de connaissances plus ou moins proches (en italien: Anna Paola  Concia, Imma Battaglia, Paolo Patané, Alessandro Capriccioli; en français: Nicola Accardo), j’ai finalement décidé de m’exprimer sur le sujet. Voici donc une série de remarques avancées par les contestataires de cette forme d’action, suivies par mes commentaires.
1. Les listes sont fascistes
Ceci ne veut rien dire. Les listes de proscription du temps des romains, ainsi que les listes d’ennemis politiques pendant les dictatures (par exemple de type fasciste) avaient comme but l’épuration et l’élimination de ces personnes, donc quelque chose d’abominable. La liste de outing, au contraire, a un but citoyen, qui est de vérifier la cohérence entre les propos et le style de vie des politiciens élus. Personne ne trouverait rien à redire si on diffusait une liste de dirigeants d’un parti ouvrier aux revenus millionnaires, ou d’exposants d’un parti écologiste roulant en 4X4. Donc, les listes de gens ne sont pas plus nocives que les listes des courses, il faut juste voir pourquoi on les a rédigées et comment on les utilise.
2. La liste viole la privacité de ces braves gens
Ces “braves gens” ont assumé des positions violentes et discriminatoires par le passé et ils ont contribué à discriminer une partie de la population à travers leur (in)action législatrice. De ce fait, ils ont fait de l’orientation sexuelle des autres une question publique et politique. Or, il est du ressort de l’électeur de vérifier l’honnêteté de ses représentants…et cette honnêteté inclût toutes les questions que les politiciens touchent par leurs discours, agissements et/ou omissions. Donc, si on est tout à fait d’accord que les choix sexuelles des citoyens comme vous et moi ne concernent que l’individu et n’ont pas à être dévoilées par d’autres voies que par choix personnel (coming out), tous les choix privés des politiciens sur des thématiques Y deviennent des sujets d’intérêt public (et perdent de ce fait toutes les prérogatives liées à la sphère privée) si ce sont les mêmes élus qui prennent des décisions sur ces thématiques Y.
3. Ce sont des insultes infamantes et violentes
Cette affirmation est la perle des perles, surtout venant d’activistes de la communauté LGBTQ. Si les mouvements se battent pour qu’une loi contre l’homophobie soit approuvée, c’est exactement pour que certaines affirmations cessent d’être perçues comme des insultes, encore plus comme infamantes ou violentes. Ainsi, qui soutiendrait que la phrase “Sarkozy est hétérosexuel” équivaut à une insulte infamante envers le président français? Si on croit qu’il s’agit d’une insulte, c’est probablement parce qu’on a tendance à la percevoir (voire à l’utiliser) en tant que telle. Mon conseil pour les militants qui ont proféré cette ânerie est alors de commencer un travail sur soi, tous seuls comme des grands ou avec un bon psy…après quelques séances ça devrait déjà aller mieux!
4. C’est une action violente et nous on est pour la non-violence
Depuis les temps de Gandhi et de Martin Luther King être contre la non violence en terrain de lutte politique est un concept communément accepté et partagé, donc je ne peux qu’’être d’accord (quoique on rencontre toujours des exceptions où la violence voire la lutte armée est justifiable, mais ce n’est pas le cas ici et ça mériterait en tout cas un autre post). Donc, je suis tout à fait d’accord avec les tenants de la non-violence. Cependant, il faudrait que, au vu du point 3, les militants qui ont soutenu cet argumentaire m’expliquent en quoi la diffusion de dix noms est plus violente que la négation de certains droits civiques, que la stigmatisation et la moquerie quotidienne sur les médias et les passages à tabac eux aussi quotidiens…violences que les affirmations et les agissements d’une certaine partie de la classe politique italienne contribuent à encourager.
5. Ca va éloigner la communauté LGBTQ du reste de la population
Quelques années en arrière, en parlant d’Edith Cresson, le politicien français André Santini avait affirmé: “A force de descendre dans les sondages, elle va finir par trouver du pétrole”. Dans notre cas, au pétrole on y est déjà, donc il serait bien difficile de descendre encore plus bas (sauf à se retrouver en Australie). Après une action coup de poing telle que celle dont on parle, au mieux les choses vont bouger et s’améliorer, et au pire elles vont rester telles quelles. Victimes d’une mentalité catholique et des codes moraux qui vont avec, certains militants vont pousser le principe du “tendre l’autre joue” jusqu’à ce que ce ne soit plus que du pur masochisme. Or, arrêtez de vous faire du mal et répondez aux arguments par des argument, sans avoir peur de la discussion. Des fois il faut oser s’imposer et les militants devraient avoir à cœur l’intérêt de leur communauté avant de préserver leur arrière cour et leur petite vie tranquille (si on veut faire ça, on ne milite pas!)…ce n’est sans doute pas en évitant la confrontation qu’on peut atteindre un consensus!
Pour nous quitter voici un grand classique en thème avec l’article, qui n’a presque pas besoin de présentations, YMCA des Village People (la rigolade relative à la choré détendra l’atmosphère après les propos incendiaires…).
Sur cela, rien à voir, mais notre petit sac à dos est presque bouclé pour aller à la Fête des Vendanges de Neuchâtel (en plus cet année c’est le Millénaire de la ville, donc on se réjouit déjà du spectacle et du bon vin!!!). Bon week-end (arrosé) à tous et bonne route!
P.S.: Un grand merci à S. pour le support grammatical et philosophique! =) 

mercredi 21 septembre 2011

Eté suisse #4 – La fin

En Suisse comme ailleurs, l’été prend fin avec l’arrivée de l’automne et la rentrée. Pour ce qui est de la rentrée, c’était hier, tandis que l’automne viendra nous retrouver après demain. Pour bien préparer la rentrée, quoi de mieux qu’aller voir un lieu de formation?
Ainsi, le week-end passé on s’est rendu au nouveau campus HE-ARC à Neuchâtel, qui vient tout juste d’être terminé et qui ouvrait ses portes au public avant la rentrée 2011. Le Transeurope est un bâtiment tout nouveau, situé entre la gare et le nouveau conservatoire, juste en face des bureaux de l’Office Fédéral de la Statistique et inauguré vendredi dernier (plus de détails ici).
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Entrée aux portes ouvertes
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Le campus vu d’en haut
Sur une étendue de 11.000 mètres carrés, dès cette semaine la HE-ARC a accueilli environ 1800 étudiants, qui avant étaient repartis sur plusieurs sites.
Ce qui étonne, outre les dimensions des locaux, c’est la quantité et la qualité des équipements: des microscopes, des ateliers, des salles d’entrainement hospitalier, bref tout ce qu’il faut pour former des nouveaux infirmiers, ingénieurs, gestionnaires d’entreprise et conservateurs de musées.
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La salle d’entrainement hospitalier
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L’atélier de conservation
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Le dernier étage, avec bibliothèque et cantine
En plus, les enseignants sont gentils et disponibles, et ils proposaient des expériences permettant de mieux connaître ce qui se fait dans cet établissement. En somme, visiter une structure de ce type est enrichissant et il peut aussi être utile pour choisir une formation après les études secondaires.
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Une expérience sur le plasma
Une fois quitté l’HE, on a pu monter au 14e étage de l’OFS, qui était spécialement ouvert pour l’occasion.
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Entrée à l’OFS
Ce sont des pièces complètement vitrées, qui servent normalement pour la tenue de réunions et qui offrent un magnifique panorama sur la ville (dans les photos on distingue clairement l’Eglise Rouge, le stade de la Maladière – qui abrite aussi un vaste centre commercial, le centre ville).
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Panorama
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Panorama
Mais, inéluctablement, même au cours de ces mini-vacances on est rattrapés par l’avancée de l’automne: pluie, vent et froid nous empêchent de visiter autre chose et nous contraignent à nous réfugier près du feu. Heureusement qu’on peut se réchauffer tout en s’amusant, par exemple en grillant des marshmallow (miam!).
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:P
Pour nous quitter, voici une chanson en plein thème “rentrée”, la classique “Be true to your school” des étasuniens The Beach Boys. Bonne rentrée!

dimanche 18 septembre 2011

Femmes, genre et géographie sociale

Compte rendu de: Di Méo, G. (2011) Les murs invisibles: Femmes, genre et géographie sociale. Paris: Armand Colin, 344 pp.
Vacances terminées et rentrée aux portes, il faut se remettre au travail et aux occupations moins frivoles qui vont avec. C’est ainsi que j’ai mené la lecture du dernier ouvrage de Guy Di Méo, un intéressant essai sur la géographie des femmes (geography of women) dans l’agglomération bordelaise.
Partant d’une conception du genre qui se veut post-moderne et inspirée de la théorie queer, l’auteur vise l’explication de ce qu’il appelle des “murs invisibles”, c’est à dire des frontières délimitant (et de ce fait séparant) des endroits que les femmes ne fréquentent pas ou fréquentent peu, au gré de leurs appréciations et de leurs besoins. Ainsi, certains espaces seraient évités par les dames en raison d’une insécurité perçue et de l’éloignement du domicile familial…ce qui permettrait de déceler des signes d’une domination patriarcale sur des femmes pas tout à fait libres dans leurs mouvements (qu’elles en soient conscientes ou pas).
Basé sur presque soixante interviews de femmes adultes de toutes les âges habitant dans différents quartiers de la ville de Bordeaux, cet ouvrage retrace leurs mouvements et leurs perceptions de la ville. La structure du livre se divise en six parties:
  1. une introduction, contenant un mea culpa de l’auteur pour avoir ignoré la dimension de genre dans ses travaux précédents, les objectifs de la recherche et trois portraits de femmes de la famille de l’auteur;
  2. une section théorique et méthodologique;
  3. un chapitre s’intéressant à des femmes ayant des mouvements très réduits (autour de leur domicile familial) ou très étendus (dans toute l’agglomération voire au delà);
  4. une partie consacrée à des femmes aux rapports plus équilibrés avec l’espace urbain (mouvements ni trop réduits ni trop étendus);
  5. un chapitre dédié aux perceptions et sentiments des femmes vis-à-vis les différents espaces urbains;
  6. les conclusions.
Le principal point fort du livre réside en la grande importance qui est attachée aux mots et aux récits recueillis lors des entretiens, qui sont en grande partie retranscrits tels quels. Ainsi, non seulement la lecture est plus agréable, mais en plus on a l’impression d’écouter personnellement les témoignages et les parcours de ces femmes, ce qui permet la mise en place d’une certaine empathie et compréhension de leurs motivations et agissements (fondamentale pour toute recherche en sciences sociales depuis le temps de Max Weber).
En revanche, d’autres éléments de cet ouvrage sont moins convaincants et laissent un peu perplexe.
Mise à part la normativité implicite dans l’assimilation d’une mobilité limitée et d’une domination, le nœud central est la conception du genre qui est proposée. En effet, malgré le soutien explicite vis-à-vis des approches (de)constructivistes et queer en particulier, dans les faits des nombreux passages du texte laissent apercevoir une posture beaucoup plus mitigée, voire presque essentialiste. Par exemple le genre se confond à plusieurs reprises avec les caractéristiques et préférences associées aux femmes, comme si elles étaient innées (cf. les conclusions du bouquin). De plus, les actions des femmes sont présentées en mettant en relation leur capacité de s’approprier l’espace avec leurs multiples capitaux, mais leurs rôles de genre (i.e. faire les courses, s’occuper des enfants de manière exclusive) ne sont ni discutés ni critiqués. De ce fait, puisque les rôles de genre ne sont pas spécialement remis en question, ils sont dépeints dans une perspective sexuelle plutôt que de genre. En outre, les acteurs masculins ne sont pas interviewés, leurs pratiques ne sont pas interrogées ni même citées…On n’a donc aucune preuve que les pratiques urbaines masculines et féminines soient différentes (!), alors que la dimension “genre” devrait apparaître justement dans la confrontation entre des pratiques diverses voire contradictoires.
En général, les femmes sont “victimisées” et dépeintes comme écrasées par une domination patriarcale qui n’est ni définie, ni décrite, ni véritablement expliquée. De cette manière, l’évolution vers une identité "queer” semble aller de pair avec le passage d’”objet” à “sujet”, alors que la dimension volontaire et individuelle des actions humaines existe depuis la nuit de temps (tout individu ayant une marge de manœuvre, ce qui peut être décelé même dans les histoires de vie remontant au début du siècle et présentées dans l’introduction du livre). Les composantes socio-économiques des dynamiques spatiales des femmes sont partiellement évacuées, bien qu’elles soient parfois mentionnées. Ainsi, si on cite l’exemple de femmes peu mobiles à cause de leur manque de moyens (mais il n’est pas expliqué en quoi ceci serait différent du cas des hommes démunis), on préconise comme solution le fait que les femmes adoptent une identité queer! Toute analyse des causes de la pauvreté est effacée et ainsi les femmes apparaissent comme (seules) responsables de leur sort. En effet on a l’impression que les équations “identité féminine = passivité” et “identité queer = pro-activité” tiennent…et que les “victimes de la patriarchie” ne soient pas mobiles car “femmes = immobiles, domestiques, peureuses…”. Ceci, uni au fait que les actions des femmes sont analysées en vase clos (en excluant leurs familles, généralement hérétonormés, et surtout leurs compagnons) permet d’une part de ne pas abordés les rôles traditionnels de manière critique, et d’autre part d’éviter de remettre en question les politiques urbaines et sociales (qui peuvent aussi avoir des influences biaisées sur la vie des individus en fonction de leur genre).
En somme, il s’agit d’un essai intéressant, qui fournit une bonne représentation des pratiques urbaines des bordelaises contemporaines, mais qui ne réussit pas à démontrer l’existence de différences basées sur le genre, ni à en donner des explications convaincantes. De plus, on est un peu déçu de ne pas retrouver une critique fondamentale des constructions traditionnelles de genre, ni des politiques qui les accompagnent: dommage!
Si vous voulez en savoir plus sur ce bouquin, deux autres comptes rendus sont disponibles en ligne ici et ici.
Pour terminer tout de même avec un peu de critique féministe, voici la chanson “Typical girls” des britanniques “The Slits”. Bonne route!