mardi 12 juin 2012

Parisienne

Comme la plupart des gens, quand je rentre chez moi après une journée de dur labeur je contrôle ma boite aux lettres. Qui sait, une lettre mystérieuse, une enveloppe remplie de billets de 1000.- ou un petit paquet avec un cadeau surprise d’un vieil ami perdu de vue pourraient se cacher à l’intérieur.

D’habitude, rien de plus que les factures et autres courriels embêtants de la vie quotidienne. Bref, comme tout le monde.

Mais aujourd’hui, c’était différent. J’ouvre la boite à lait et (TA-DAM!) un joli petit paquet à l’allure très écolo m’attend. J’introduis la main dans la boite (pensée: “Un paquet?! Surpris”), je le chope et je lis l’adresse dessus: c’est bien la mienne (pensée: “Un paquet POUR MOI?!? SurprisSurpris” suivie de “Mais je n’ai rien commandé! Moi ?” et puis de “Bah, peut-être que j’ai commandé quelque chose et j’ai oublié Pensif”.

Donc, pleine d’espoir je prend l’ascenseur, où j’ai décidé de ne pas ouvrir le paquet jusqu’à la maison, pour vous donner le loisir de participer en différée à l’opération (le directe aurait été plus problématique).

Voilà le paquet en question:

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Chouette petit emballage en carton, avec ligne verte genre “écolo” et esthétique pliage. On commence à déballer?

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Ouh-ouh, attention, une feuille s’annonce à l’intérieur de la linguette en carton. Raffiné. Qui a été autant chic envers moi, que même l’emballage du cadeau est si soigneusement décoré?

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Je commence à avoir une idée…vue la couleur et le bord noir à coté de l’illustration en bleu…(pensée: “Faut arrêter de s’enthousiasmer pour les paquets mystérieux Gêné”…vous aussi?

IMAG3200 Ah ah, les choses deviennent plus claires…Glaciale

… et il y en a qui auront même reconnu le logo, j’en suis sure…

…pas vraiment?

Et bien, je vais vous dévoiler le contenu du paquet surprise:

Un paquet de Parisienne sans additifs (genre “je fume mais je fais attention à mon hygiène de vie”?!), qui m’informe que fumer tue et que si je continue à fumer (pensée: “Comment si je continue à fumer?!?! je ne fume pas, bordel!” Agressif) je vais perdre 14 ans de vie.

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Le tout, bien évidemment, enrichi de nombreux matériels promotionnels sensés m’épargner 14 ans de vie, comme une ligne d’allumettes…

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…une espèce de carte postale au motif très “détente” (un trouple le long de la rivière?; pensée: “Mon Dieu, merci les “Parisienne” qui me considèrent “in” et “progressiste” au point de pouvoir comprendre des images oh combien osées” Sarcastique)…

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…et bien évidemment encore des images “détente” dans la bande publicitaire qui accompagne les allumettes

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(pensée: “Ouais ouais, “in” et “progressiste”, assez snob pour allumer des clopes avec des allumettes [accent anglais – c’est plus snob – “Oh Dear, N-E-V-E-R sans ma box d’allumettes!”] mais tout de même assez libérée pour me balader à poil dans la nature tout en sautillant, ou pour passer la tondeuse sur mon gazon [imaginaire] tout en laissant mes bijoux de famille [imaginaires aussi] prendre le soleil”. Deuxième pensée: “Si on est si confiants nus au milieu de l’herbe c’est qu’il y a pas d’insectes…une extermination au napalm? Mais alors à quoi bon fumer des clopes sans additifs?”).

En somme, j’ai gagné un paquet de clopes assorti de bon nombre de papiers colorés et d’une ligne d’allumettes (pensée: “Zut! Je n’ai même pas de gazinière!” Envieux), pour une valeur totale de plus que 7.40 francs.

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Franchement: les producteurs de cigarettes croient encore qu’il y a des gens qui vont se mettre à fumer parce qu’ils montrent des nanas à poil (et qui plus est, on ne voit que le dos Fâché) et qu’ils traitent le client potentiel comme un adolescent de 14 ans?!?!?! J’hallucine!

Morale: il ne faut pas s’enthousiasmer pour des paquets anonymes dans la boite à lait…et il ne faut pas non plus se faire prendre pour des cons par les entreprises du tabac!

Voici une chanson qui colle bien avec le sujet: Arrêter la clope, du français Renaud. Bonne route!

Renaud – Arrêter la clope

dimanche 10 juin 2012

Amitiés et amours adolescents

Lors de ma sortie la semaine passée, non seulement j’ai oublié mes papiers, mon abonnement et mes euros, mais je n’ai pas non plus pensé à prendre des lectures avec moi. Ayant quelques minutes devant moi je me suis donc rendue au kiosque de la gare, où j’ai acheté trois bouquins. Je les ai tous lus assez rapidement (trois livres en trois jours, c’est pas mal…mais on ne trouve pas non plus des volumes de 1500 pages au kiosque!) et j’ai pu constater qu’ils avaient un point en commun: ils parlaient tous de différentes formes de tendresse entre adolescents (qu’il s’agisse d’amitiés ou d’histoires d’amour, ça doit être un sujet qui passionne les foules et qui se vend bien). En voici donc des brèves comptes rendus, dans l’ordre de ma lecture.

J’ai commencé avec un tout petit bouquin de la belge Amélie Nothomb, que j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier dans “Ni d’Eve ni d’Adam”.

Nothomb, A. (2003). Anthéchrista. Paris: Albin Michel. 151 pp.

Sur les bancs de l’uni Blanche, timide étudiante de 17 ans, solitaire et plutôt isolée, rencontre Christa, 17 ans elle aussi, mais très extravertie et pleine d’amis. Sympathique en public, Christa profite du manque d’amour de Blanche pour se proposer comme amie, et une fois son but atteint elle se révèle être sadique: manipulatrice et méchante, elle va réussir à prendre la place de Blanche dans sa famille, à lui voler le petit univers de sa chambre et à l’humilier constamment.

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Pendant un moment, Blanche culpabilise de se sentir une victime, et croit en faire trop….jusqu’au jour où elle comprend que les attitudes de Christa sont volontaires et qu’elle choisit sa méchanceté. C’est à ce moment-là que Christa devient, pour Blanche, Antéchrista. Cela semble une situation sans issue, sauf que Blanche décide d’investiguer sur la vraie vie de cette nouvelle amie, et elle découvre un coté mythomane. Toutes les mensonges de Christa vont finir par lui tomber dessus et Blanche va ainsi retrouver sa solitude d’avant, avec une certaine satisfaction.

Dans un style épuré et clair, c’est le personnage de Blanche qui nous raconte l’histoire. Même si l’intrigue n’est pas très complexe, l’intérêt principal ce cette œuvre est dans le talent de l’auteure pour la description des états d’âme et des psychologies des personnages, tant ceux des protagonistes que ceux des comparses, comme par exemple les parents de Blanche. L’analyse la plus aboutie concerne sans doute Blanche: complexe, tiraillée entre une grande rationalité et une certaine sensibilité, elle est un personnage parfaitement cohérent en tant qu’adolescente.

Une autre bonne raison de lire ce bouquin, c’est qu’on a presque tous croisé une Antéchrista au moins une fois dans la vie*, et bien qu’il soit possible de s’en débarrasser cela laisse des traces…ce que la conclusion du roman relate parfaitement. (*Pour ce qui me concerne, ce livre semble la biographie d’une certaine N.D.; quel fléau que cette nana! Ceux qui l’ont connue comprendront.)

Bref, je vous en conseille la lecture. Pour avoir un exemple du style de Nothomb, voici un passage du livre:
D’habitude on ne doit pas réfléchir longtemps pour déterminer si quelqu’un est beau ou laid: cela se sait sans qu’il soit nécessaire de le formuler, et la clef des mystères d’une personne ne tient pas à cela. L’apparence n’est jamais qu’une énigme de plus, et pas la plus épineuse.
Le cas de Christa était particulier. Si elle avait un corps magnifique, il était impossible de se prononcer quant à son visage. Au début, elle s’imposait de si étincelante façon qu’elle occultait jusqu’à l’ombre du doute: elle était forcément la plus belle de l’univers, parce que ses yeux brillaient de mille feux, parce que son sourire éclaboussait, parce qu’une lumière intense émanait d’elle, parce que l’humanité entière était amoureuse d’elle. Quand un être atteint un tel degré de séduction, personne ne peut imaginer qu’il n’est pas beau.
Sauf moi maintenant. Seule de mon espèce, j’avais droit à un secret que Christa, sans le savoir, me révélait chaque jour: le visage d’Antéchrista – le visage de celle qui, bien loin de chercher à plaire, me considérait comme moins que rien. Et je m’apercevais, quand elle était en mon unique compagnie, qu’elle était méconnaissable. (…)
Quand un tiers entrait, la métamorphose ne prenait pas une seconde, c’était spectaculaire. Aussitôt les yeux s’allumaient, les coins de la bouche remontaient, les traits éclairés s’allégeaient, aussitôt disparaissait la tronche d’Antéchrista pour laisser émerger, exquise, fraiche, disponible, idyllique, la jeune fille, l’archétype de la pucelle à peine éclose,  à la fois délurée et fragile, cet idéal inventé par la civilisation pour se consoler de la laideur humaine. (pp. 75-77)
Après Nothomb, je suis passée à un ouvrage qui avait l’air d’un commun roman, mais qui était en fait un récit d’aventure pour adolescents…et même assez décevant.

Ruiz Zafón, C. (2011). Marina. Editions Robert Laffont: Paris. 282 pp.


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Ce bouquin, écrit dans une langue plutôt simple et sans une grande recherche des mots, raconte l’histoire de Óscar et de Marina, deux adolescents qui vont se rencontrer et s’aimer dans la Barcelone délabrée de la fin des années 1970.

Le centre du roman n’est cependant pas leur histoire d’amour: la trame est centrée sur une espèce de scientifique fou, qui se maintient en vie grâce à un miraculeux élixir à base de papillons noirs et qui bricole des monstres à l’aide de cadavres. Óscar et Marina découvrent son existence pas hasard, et ils ne comprennent qu’il est en vie qu’à la fin du roman, au moment où ils devront le combattre.

Dans une atmosphère passablement glauque et lugubre, les deux jeunes se baladent de ruine en ruine mais ni leurs émotions ni leurs caractères ne font l’objet de soins particuliers de la part de l’auteur. De plus, le récit contient des grossières incohérences (par exemple, la mère de Marina savait déjà d’être enceinte au mois de janvier, mais Marina est née en…décembre!) et il s’agit incontestablement une œuvre de science fiction, même si on ne le dirait pas quand on lit le synopsis sur la couverture (c’est très trompeur). Enfin, ici aussi il est question de mensonges: à cause d’une malade qu’elle avait caché à son ami, Marina décède, donc la mort vient interrompre cet idylle et l’histoire se termine mal. En somme, que de bonnes raisons pour ne pas lire ce livre, sauf si vraiment vous n’avez pas autre chose sous la main (ce qui était mon cas!).

Seulement quelques passages du livre font preuve d’un talent littéraire et sont dignes de note – bien qu’ils soient truffés de phrases à effet faciles, et de “fautes de style” littéraires (vous allez sans doute les reconnaitre dans le texte qui suit, et je ne saurais pas comment les définir autrement). Voici, par exemple, celui-ci (à la fin du roman, Óscar, qui est le narrateur, retrouve une lettre écrite par sa défunte amie Marina):
Mon ami Óscar est un de ces princes sans royaume qui errent dans l’attente du baiser qui les transformera en crapaud. Il comprend tout à l’envers et c’est pour ça que je l’aime tant. Les gens qui croient qu’ils comprennent tout comme il faut font tout dans l’autre sens, ils croient aller à droite et vont à gauche, et moi qui suis gauchère, je sais de quoi je parle. Il me regarde et pense que je ne m’en aperçois pas. Il s’imagine que je m’évaporerai s’il me touche, et que, s’il ne le fait pas, c’est lui qui s’évaporera. Il me met sur un piédestal si haut qu’il ne sait pas comment y monter. (…)
Mon ami Óscar est un de ces princes qui feraient bien de se tenir éloignés des contes et des princesses qui les habitent. Il ne sait pas que c’est le prince charmant qui doit poser un baiser sur la Belle au bois dormant pour l’éveiller de son sommeil éternel, mais c’est parce qu’Óscar ignore que tous les contes sont des mensonges, alors que tous les mensonges ne sont pas des contes. Les princes ne sont pas charmants, et les dormantes, si belles soient-elles, ne se réveillent jamais de leur sommeil. Il est le meilleur ami que j’aie jamais eu et si, un jour, je rencontre l’enchanteur Merlin, je le remercierai de l’avoir mis sur mon chemin. (pp. 274-275)
Enfin, l’ouvrage le plus demandeur en termes d’attention et le plus travaillé est sans doute celui du japonais Keigo Higashino.

Higashino, K. (2011). La maison où je suis mort autrefois. Arles: ACTES SUD.

Le narrateur, un japonais sur la trentaine, accompagne Sayaka, son ex petite-amie du temps de l’adolescence, visiter une mystérieuse maison à la campagne dont son père décédé lui a laissé la clé. Ce bâtiment à l’abandon recueille les objets d’une famille comme si les occupants venaient tout juste de quitter les lieux: des habits, des livres et d’autres effets personnels…tous datant d’une vingtaine d’années auparavant.

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Sayaka et lui sont plongés dans un double pathos: d’un coté il y a la tension qui lie Sayaka à son enfance, dont elle n’a aucun souvenir; de l’autre, il y a une tension croissante entre les deux personnages, en raison de leur passé sentimental. En cherchant à découvrir les secrets de cette maison ressurgiront les souvenirs de leur ancienne relation mais aussi les mémoires que Sayaka avait enfouies depuis qu’elle n’était qu’un enfant.

Après des nombreuses recherches et la lecture du journal intime d’un garçonnet, Yusuke, les protagonistes découvriront que la famille qui habitait la maison n’était pas une famille normale, et que la maison n’en a jamais été véritablement une. Dans un Japon attaché au culte des défunts, il s’agit en réalité d’un mausolée à la mémoire de Yusuke et de Sayaka, son amie d’enfance, morts dans une tragédie familiale provoquée par Yusuke. La Sayaka adulte protagoniste du roman n’est que la soeur de Yusuke, Chami, qui a changé de nom et a été donnée aux parents de la Sayaka défunte. Ainsi, cette maison n’est que la reconstruction de la maison où elle et son identité sont symboliquement mortes plus que vingt ans auparavant.

Malgré ces moments vécus ensemble, les anciens adolescents amoureux ne ressortiront pas ensemble, presque à sceller le fait que le passé reste du passé. Cependant, leurs souvenirs pointillent le récit, en donnant une patine sentimentale à ce qui est un très bon polar, riche en suspense et bien ficelé, avec une intrigue complexe et intéressante. Le style est agréable, clair et sans trop de fioritures, et une attention particulière est donnée aux différents moments et espaces à l’intérieur et à l’extérieur de la maison. Les psychologies sont aussi bien travaillées, et le talent majeur de l’auteur est sans doute celui de décrire avec minutie non seulement les sentiments des deux protagonistes, mais aussi ceux des personnages évanescents qui sont les anciens habitants de la maison, à travers leurs écrits insérés dans le roman. C’est sans doute un livre à conseiller, d’autant plus si vous aimez les polars; voici un exemple du style de cet ouvrage:
Nous nous étions rencontrés parce que nous nous étions retrouvés dans la même classe en deuxième année de lycée. Je ne la connaissais pas avant. C’était une fille ordinaire, que l’on ne remarquait pas. C’est du moins ce que je pensais d’elle. Mais nous étions assis l’un à coté de l’autre et, quand nous avions commencé à parler, j’avais découvert que l’impression que j’avais d’elle était fausse.
Elle ne chahutait pas et elle ne criait pas sans raison comme la plupart des filles. Elle se tenait toujours en retrait, donnant l’impression d’observer pensivement ce qui se passait autour d’elle. Au début j’avais cru qu’elle était timide, mais je m’étais vite rendu compte que ce n’était pas le cas. Ses yeux, lorsqu’elle regardait ses camarades rire bêtement, étaient semblables à ceux d’un scientifique observant des animaux de laboratoire. Un peu comme si elle était spectatrice d’une pièce de théâtre intitulée “La Deuxième Année de lycée”. En fait, elle ne tentait jamais de monter sur scène. Son aspect enfantin était en parfait décalage avec sa personnalité.
Cette Sayaka me paraissait pleine de fraicheur. Je me disais que ce pourrait être amusant de parler avec elle. A cette époque j’étais prétentieux à cause de mes bons résultats et, même si en apparence je m’entendais avec tout le monde, je me disais intérieurement qu’ils étaient tous des gamins idiots.
- Tu as toujours l’air de t’ennuyer, lui avais-je dit une fois. J’ai l’impression que tu regardes tout le monde de  haut.
Elle n’avait rien répondu à ce sujet, et m’avait retourné la question.
- Toi aussi, non? Tu te comportes un peu de cette façon, je trouve.
Je l’avais bien pris.
- Moi? Tu as raison, peut-être que je m’ennuie un peu.
Elle avait approuvé ma réponse en souriant:
- Moi aussi je m’ennuie un peu. Mais on n’y peut rien.
- Pourquoi?
- Parce que… Elle avait haussé les épaules. Ce ne sont que des enfants.
Cette réponse m’avait abasourdi. (pp. 138-140)
En somme, il y a  des nombreuses sortes d’amours adolescents et des façons très diverses d’en parler dans des romans selon le point de vue adopté, le sujet du récit et, bien entendu, le talent de l’écrivain.

Pour nous quitter, en cette journée de finale de Roland Garros, voici un clip qui se passe dans le cour parisien, celui de Hello de Martin Solveig (où on voit aussi l’apparition de Novak Djokovic!). Solveig a réalisé une série de quatre clips, celui-là et les trois suivants, qui racontent une histoire plutôt fleur bleue qui colle bien avec cette série sur l’amour adolescent; je n’ai donc pas résisté à la tentation de vous les proposer tous les quatre! Bonne route!

Martin Solveig ft. Dragonette – Hello – Smash episode #1

Martin Solveig – Initial S.H.E. – Smash episode #2

Martin Solveig – Ready 2 Go – Smash episode #3

Martin Solveig – The Night Out – Smash episode #4

mercredi 6 juin 2012

Balade entre les thermes de Bad Bellingen, Jeff Koons et ses œuvres bizarres

Pour me relaxer et essayer de me refaire une santé je suis allée passer quelques jours à Bad Bellingen, chouette village de 3800 âmes sur le Rhin en Bade-Wurtenberg, Allemagne. Cet endroit thermal à 20 km à peine de Bâle regorge de cliniques et d’hôtels et est rempli de touristes du troisième âge.

Les thermes se trouvent dans le village même, juste au bord d’une forêt aménagée pour les promeneurs et les fans de parcours à vélo, et elles sont entourées par un vaste parc avec des jeux d’eau plutôt jolis.

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Bien évidemment je n’ai pas de photos de l’intérieur, mais l’établissement est confortable, propre et bien aménagé. En plus des traditionnels jets d’eau et piscines qu’on trouve un peu partout aussi en Suisse, il y a aussi un grand espace naturiste avec un parc saunas, une vaste zone spa et une grotte en sel de la mer Morte. En plus de l’eau thermale, la grotte en particulier est réellement efficace, tant pour la respiration que pour la peau…surprenant!

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Quoi dire sinon, à part que c’est vraiment relaxant, que leurs massages sont extra (en tout cas la réflexologie) et que ça vaut la peine d’y aller (d’autant plus que ce n’est pas cher)?

Si vous vous y rendez, ne faites pas comme moi, et pensez à prendre votre demi tarif des CFF, vos papiers d’identité et des euros. Sinon, il vous faudra prendre une carte substitutive à la gare, puis espérer que personne n’ait envie de jeter un coup d’oeil à votre passeport et entrer (et sortir) en Allemagne en “clandestin” (après-coup, j’ai pensé que désormais il y a les accords Schegen…mais n’empêche que sur les trains de et pour l’Italie les contrôles sont réguliers…!). En somme, après m’être remise en forme (et toujours sans papiers) j’ai pris la direction de Bâle, où je suis aller me balader un petit coup.

Il faut savoir que le lundi n’est pas le meilleur jour de la semaine si vous avez l’intention de voir quelques musées (la plupart d’entre eux sont en effet fermés). Cependant, parmi les quelques choses ouvertes (à part le “Fruchtgummi Laden” qui est un mini-musée en soi) il y avait la Fondation Bayeler.

La Fondation se trouve quelque peu en dehors de Bâle, mais elle est facilement joignable grâce aux transports publics. Le musée, conçu exprès par l’italien Renzo Piano, est une belle oeuvre architecturale: le bâtiment conjugue la pureté des lignes et une belle luminosité des pièces avec une façade vitrée, donnant sur un éthéré petit bassin rempli de nénufars, et il est entouré par un jardin arboré presque collinaire.

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A l’intérieur, des grands espaces neutres abritent des œuvres de quelques grands noms de la peinture et de la sculpture des XIXe et XXe siècles: de Van Gogh à Monet, de Picasso à Giacometti, en passant par Klee et Rousseau. Ces œuvres ont été sans aucun doute le point fort de ma visite. Celles que j’ai apprécié le plus sont probablement les tableaux de Paul Klee, particulièrement “Paysage du Passé”…

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…”Still glows”…

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…et “Crépuscule tropical”.

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La deuxième partie de ma visite a été consacrée à l’exposition temporaire sur l’américain Jeff Koons qui a beaucoup fait parler de soi recemment (1, 2). Cet ancien courtier en bourse et ancien mari de Cicciolina est célèbre pour des œuvres autant bizarres que controversées, et qui ont pour caractéristique fondamentale celle de créer le buzz (on dirait presque qu’elles ont été conçues exprès…on y reviendra).

On se balade donc entre de l’art conceptuel (notamment, les aspirateurs érigés à œuvre d’art et placés dans des cubes en plexiglass comme égéries du “neuf”), des gigantographies d’objets divers et variés tels que posés sur du papier aluminium et des sculptures aussi diverses qu’une (on ne peut plus kitch) représentation de Michael Jackson, un tendre chaton géant en plastique et un chien en acier à la forme des ballons des clowns.

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Si quelques unes (la majorité ?) de ses œuvres sont incontestablement moches et ne méritent pas (du moins à mon avis) le titre honorifique d’“œuvres d’art”, quelques unes sont particulièrement intéressantes. Ainsi, l’idée d’une série de sculptures géantes en acier, massives et persistantes, sur le thème des ballons de clown, éphémères, légers et fragiles,  est en soi frappante et séduisante de par sa contradiction (dans la photo on voit “Balloon Dog” et aussi “Tulips”, réalisées sur le même principe).

De la même manière, cette “Woman in bath” décérébrée est une sculpture intrigante, surtout quand on est à coté d’elle, parce qu’on met un moment avant de s’apercevoir qu’il lui manque un bout…drôle d’illusion qui remet en cause une série d’attitudes vis-à-vis des corps et surtout des corps des femmes.

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L’œuvre de Koons présente donc bien quelques éléments dignes d’intérêt. Cependant, il y a dans son “art” plusieurs éléments que je trouve indigestes et, à leur façon, assez scandaleux pour que je n’apprécie pas ce qu’il fait.

Le premier point négatif est qu’il n’est pas l’auteur de ses œuvres; il ne fait que les imaginer, tel un publicitaire, et ensuite il les commandite à des artisans spécialisés. Du gros travail, pour un artiste…qui plus est, pour un artiste qui œuvre dans une “usine à art” entouré par 100 assistants!

Le deuxième (et le plus grave) c’est qu’il livre une interprétation pré-mâchée de son “art”, et que tel un vrai publicitaire il assaisonne sa sauce avec des immangeables flatteries sur le public. Ainsi, si on l’écoute, il voudrait “démocratiser l’art” et en faire un instrument cathartique pour les masses, une sorte de psychanalyse des foules dont le but serait (très approximativement) de faire en sorte que les admirateurs de son travail reconnaissent ces petites zones d’ombre que tout un chacun traine au fond de soi et qu’ils les acceptent avec gaieté et grande satisfaction. Ainsi par exemple dans son discours, l’abominable “Michael Jackson + Singe” (“Michael Jackson and Bubbles” de son vrai titre) devient une “représentation de La Pietà contemporaine, qui transcende toutes les différences d’âge, de sexe et même d’espèce”. Ou encore, “Pink Panther” devient “un instrument pour se réconcilier avec ses propres pratiques masturbatoires”.

Or, en partant du présupposé que chacun gère sa fascination pour Michael Jackson et/ou son autoérotisme comme bon lui semble, ce qui me dérange est la volonté d’imposer, à travers le discours, une signification à son art (d’autant plus que cette signification est la plupart du temps si farfelue qu’il est impossible de la saisir quand on est face à l’œuvre). Le but semble être non pas celui de démocratiser l’art, mais bien celui de faire croire en une démocratisation. Cependant s’il s’agissait d’art véritable il ne serait pas nécessaire que l’artiste l’explique, n’est-ce pas? Elle serait probablement lâchée “dans la nature”, avec un message universel ou presque, et puis libre à chacun de l’interpréter comme il veut!

Donc voilà, pour toutes ces raisons je crois que Koons est plus un magicien du marketing qu’un fin artiste, malgré le fait qu’il a pu faire des choses intéressantes.

Ceci dit, si vous avez l’occasion allez quand même voir le reste du musée, ça mérite le détour.

Pour nous quitter, voici une chanson qui n’a pas grande chose à voir avec cela, excepté le fait que c’était dans ma playlist pour cette balade et que c’est une belle démonstration de comment l’art n’a pas besoin de grands discours pour être compréhensible: il s’agit de Non l’hai mica capito du rockeur italien Vasco Rossi. Bonne route!

Vasco Rossi – Non l’hai mica capito (1980)

dimanche 20 mai 2012

Dictionnaire des choses perdues

Jeudi dernier était la fête de l’Ascension, premier jour d’un long week-end de quatre jours. Par un temps quelque peu ensoleillé mais tout de même plutôt frisquet, rien n’est mieux que se promener et s’adonner à la lecture. Parmi mes lectures, voici le compte rendu d’un bouquin qui m’arrive tout frais d’Italie Sourire, le “Dictionnaire des choses perdues” du chanteur et écrivain Francesco Guccini.

Guccini, F. (2012) Dizionario delle cose perdute”. Milan: Mondadori. (disponible aussi en ebook, seulement en italien)

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Ce petit ouvrage (140 pages) est une succession de courtes histoires, d’anecdotes de l’enfance et de l’adolescence de l’auteur. Une série de portraits colorés et folkloriques de l’Italie du nord dans l’après deuxième guerre mondiale (Guccini est né en 1940), qui composent une galerie de personnages drôles, gais et aussi quelque part assez naïfs.

Guccini, duquel on a déjà pu apprécier quelques romans policiers et plusieurs livres autobiographiques, nous livre ses mémoires de gamin bolognais avec un grand sens de l’humour, tout en faisant preuve d’un profond respect pour les rêves et les ambitions des gosses de cette époque et de leurs parents.

On retrouve ainsi les premiers chewing-gums, les insecticides contre les mouches, les voitures de masse, les cinémas de 3ème vision et même des trucs qui ont aujourd’hui presque complètement disparu, comme les glacières, les cuisinières à bois, les “liqueurs en poudre” (obtenus mélangeant des aromes chimiques, par exemple de whisky, et de l’alcool) et les seringues en verre.

Avec juste un soupçon de nostalgie (mais pas trop quand même: d’accord, les jeux dans la rue sont peut-être mieux que la PSP, mais tout le monde préfère les seringues en plastique à celles en verre…!), l’auteur nous livre un beau témoignage d’un monde à cheval entre tradition et modernité. Encadré par un regard bienveillant et presque attendri, le sentiment qui domine le livre est sans doute l’étonnement. C’est la stupeur typique des enfants, mais aussi celle  de tout un pays qui s’ouvre à la modernité, et qui découvre avec enthousiasme les nouveautés…surtout celles qui débarquent des USA.

La fascination pour l’Amérique dans l’Italie des années 1950-1970 a longtemps passionné Guccini, qui en a parlé dans nombre de ses chansons (par exemple, l’atmosphère rurale de 100 Pensylvania Ave, le rythme et les accents de Talkin Milano, la déception suite à son premier voyage aux USA de laquelle nait L’orizzonte di K.D., les rêves d’Amérique faits dans sa terre natale présents dans Piccola città, les mémoires des émigrés mises en avant dans Amerigo, la description d’une rencontre sur la route dans Autogrill, le déclin et l’overdose sécuritaire et antilibérale contre laquelle il se révolte dans Canzone per Silvia). Dans ce livre elle ressort insérée dans l’époque qui était celle de sa jeunesse, contextualisée donc et de ce fait plus facile à comprendre.

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Francesco Guccini en concert, date inconnue (années 1970?)

Si la poétique de Guccini est centrée sur les histoires (il s’inspire des chanteurs d’histoires – ou cantastorie - qui exerçaient dans sa région jusque dans les années 1970) et sur la description profonde des personnages et de leurs émotions, il fait une large place à la politique (notamment, il prône un anarchisme de gauche; voir par exemple la chanson militante La locomotiva), à la littérature (comment ne pas mentionner Cirano ou Don Chisciotte) et à l’histoire (par exemple, dans Bisanzio), sans oublier l’humour (qui triomphe dans l’album Opera Buffa).

Dans toute cette œuvre, les USA entrent de manière transversale, avec des références multiples qui mêlent la fascination et la critique ouverte envers certains modes de fonctionnement.

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Francesco Guccini en 2006

Entre autres, pour tous ces multiples cotés de son art qui parlent des USA, qu’on retrouve aussi dans son Dictionnaire des choses perdues,  il va recevoir demain 21 mai 2012 une licence honoris causa de la part de l’American University of Rome.

Pour avoir une idée plus précise de cet ouvrage en voici un extrait:

“Quand les américains arrivèrent en Italie, au temps de la guerre, en plus que les cigarettes parfumées ils amenèrent tout un tas d’autres trucs qui étaient alors inconnus, ou presque, chez nous. La Coca-Cola, par exemple, le beurre de cacahuètes, les pancakes (les desserts de Donald Duck) et le chewing-gum. Avec les chocolats (Hershey) et les bonbons multicolores avec un trou au milieu qui semblaient des bouées de sauvetage (les Life Savers), les G.I. étasuniens lançaient aux gosses des paquets mystérieux à la forme allongée; une fois déballés, ils contenaient des petites tablettes aussi allongées et parfumées. Bonbons américains? Peut-être. Mais quoi faire de ces mystérieux bonbons? Droit dans la bouche. Cependant, à force de mâcher, ce bonbon perdait sa saveur et il ne se dissolvait pas, et donc on l’avalait rapidement. (…)

Mais (…): finie la guerre, fini le chewing-gum? Non, bien entendu, parce que la vague masticatrice ne semblait pas diminuer et furent créés des produits très italiens appelés “chiclette” ou avec plein d’autres noms suivant les régions.

Par exemple, il y avait un gros truc rose, qui au début avait le gout d’un bonbon et n’était pas aisé à mâcher, dont la saveur s’estompait très tôt. Alors, les enfants malins le plongeaient dans le sucre et le remâchaient, parce qu’ils ne voulaient pas le jeter; mais dès qu’ils avaient mal à la mâchoire ils le mettaient dans leur poche, pour le sortir dans le futur et le remettre dans leur bouche après l’avoir tant bien que mal nettoyé des miettes et d’autres saletés. (…)

Mais le vrai coup de génie fût l’invention de la bubble-gum ( je crois, une invention américaine), la chiclette qui faisait des ballons. Tu mâchais, mâchais et puis, après avoir vérifié la consistance entre la langue et les dents, tu soufflais doucement jusqu’à obtenir la sortie, entre les lèvres, d’un petit ballon qui pouvait avoir des dimensions conséquentes pour les plus habiles. Il éclatait aussi, avec un bruyant “chack”, qui, quand répété plusieurs fois à la suite, était très propice pour énerver un adulte qui se serait trouvé aux alentours (et aussi pour faire déclencher une baffe). Seul désavantage, le ballon pouvait exploser sur le visage, en rendant très difficile le nettoyer des filaments gommeux. Mais quand on est enfants ce n’est pas le genre de choses dont on se soucie.” (pp. 9-12)

J’aime beaucoup Francesco Guccini, aussi bien pour ses chansons (que je peux affirmer connaitre depuis le berceau) que pour ses livres. Pour nous quitter, donc, rien n’est plus adéquat que son répertoire. Comme je les connais toutes j’ai du mal à en choisir une seule; je vous en propose donc deux parmi mes préférées (ou, peut-être, mes préférées dans l’absolu). Il s’agit de Vedi Cara, chanson extraite de son 2ème album (1970) et de Canzone quasi d’amore, extraite de son 7ème album (1976). Bonne écoute, et bonne route!

Francesco Guccini–Vedi Cara

 

Francesco Guccini–Canzone quasi d’amore

samedi 12 mai 2012

Tu n’aimeras point (Eyes Wide Open)

Pendant que la lutte pour les voix des homos fait rage aux USA (et il y a même un certain Romney qui fait des déclarations très fantaisistes sur le sujet), Israël est l’Etat du Moyen Orient et d’Asie où les droits des communautés LGBTQI sont les mieux respectés: “pacs”, adoption, FIV et même reconnaissance des mariages contractés à l’étranger. C’est tellement vrai que Tel Aviv a été nommée la meilleure destination gay pour 2011 et que des marches des fiertés (pride parades) sont régulièrement organisées.

Malgré une situation réjouissante, certains activistes internationaux accusent Israël de pinkwashing, les politiciens israéliens montrent des degrés de gay-friendliness variables et les groupes religieux ultra-orthodoxes ne sont pas toujours très tolérants. Mis à part les discussions récurrentes sur les pride parades, les principales victimes de l’intolérance homophobe au sein des groupes orthodoxes sont vraisemblablement les personnes LGBTQI qui font parties de ces communautés et qui sont obligées (comme certains orthodoxes bien hétérosexuels mais sensibles à la modernité) de se cacher et/ou de mener une double vie. C’est sur eux qui se penche le film “Tu n’aimeras point” (“Eyes Wide Open”) du réalisateur Haim Tabakman (interview ici), sorti en 2009.

Eyes_wide_open Ce film raconte l’histoire de Aaron, boucher, mari et père vivant à Jérusalem, et de sa rencontre avec son aide-boucher Ezri, un jeune homme dont il tombe amoureux.
Erzi débarque dans la boucherie soudainement et comme un étranger révolutionnaire, figure qu’on a déjà rencontré à plusieurs reprises auparavant.

Leur relation cachée a beaucoup de mal à démarrer, à cause des préoccupations religieuses d’Aaron, et elle se trouve confrontée à une pression sociale écrasante, représentée par les menaces des jeunes extrémistes envers “Aaron le boucher” et du rabbin envers “Aaron le croyant”. Aaron revit grâce à la compagnie d Ezri, mais ce sera de courte durée…

Tu n’aimeras point (2009) – Trailer

Même s’il n’y a pas de dénouement heureux, il vaut la peine de regarder le film: des belles images, qui témoignent d’un petit budget de réalisation; des dialogues essentiels; des musiques agréables, surtout dans les scènes de prière; une représentation réaliste du quotidien des personnages; un soin particulier dans l’élaboration de la psychologie des protagonistes, tout particulièrement Aaron et sa femme. En plus, depuis quelques jours il est possible de le visionner gratuitement sur le site Arte+7 de la chaine Arte pendant quelques temps.

Pour conclure, voici une chanson sans lien particulier avec le film sauf le titre, qui est le même. Il s’agit de Eyes Wide Open, du belgo-australien Gotye, que ces jours-ci s’est hissé à la tête du classement des ventes aux USA et sur internet avec son (très bel) album Somebody That I Used To Know, dont cette chanson a été le premier single. Bonne route!

Gotye – Eyes Wide Open

jeudi 10 mai 2012

Engagement LGBTQI & bonne musique

Hier le président des Etats Unis Barack Obama a fait une grande déclaration de campagne, s’engageant ouvertement en la faveur du mariage pour les couples homosexuelles.

Barack Obama @ ABC News–“Gay couples should be able to get married”

Malgré le fait que le président des USA n’ait qu’une très faible influence sur le droit civil des Etats, il s’agit d’un message important, qui arrive dans la continuité d’un long engagement en faveur des communautés LGBTQI, après la très fameuse allocution “It gets better” pour les adolescents LGBTQI, l’abolition du “Don’t ask, don’t tell” dans l’armée, l’expansion des bénéfices des employés fédéraux à leurs partenaires du même sexe et le memorandum anti-homophobie à l’intention des hôpitaux qui reçoivent les fonds Medicare et Medicaid.

On ne peut donc que se réjouir de cette confirmation du respect que le président des USA porte aux minorités sexuelles et de son action contre les discriminations. En particulier, une mobilisation de support a été organisée par All Out.

Entretemps ici en Europe beaucoup de promesses ont été faites, juste à côté de chez nous, ce qui a visiblement suscité l’enthousiasme de nombreux militants…et qui explique aussi la présence de nombreux drapeaux arc-en-ciel à la Bastille dimanche dernier.

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Photo par Philippe Leroyer, Flickr
Cependant, vu que François Hollande a accouché de la promesse de légalisation du mariage gay avec beaucoup de souffrance, notre drapeau à nous est resté accroché à la maison et le restera tant qu’on n’aura vu des faits.

Bien entendu, ceci ne nous empêche pas de nous réjouir pour les avancées de l’autre coté de l’Atlantique…et quoi de mieux que de fêter en écoutant le dernier album des Gossip, A Joyful Noise?

On aime beaucoup Gossip, non seulement parce qu’ils font de l’excellente musique, mais aussi parce qu’ils sortent des sentiers établis. En particulier, on a eu occasion d’apprécier l’engagement militant de la chanteuse et auteure du groupe, Beth Ditto, en faveur des droits LGBTQI et de l’acceptation du corps. Beth_Ditto_Love_Mag

Ceux qui comme moi ont loupé leur concert en directe radio sur la Rts (en pensant naïvement qu’il allait être publié sur le site de la chaine Triste) peuvent se rattraper de manière satisfaisante en écoutant l’album. C’est un travail abouti, tout autant riche que l’album précédent et qui reprend certains rythmes disco si typiques de ce groupe.

Tout en mettant en valeur la voix de Beth Ditto (moins que Music For Men, cependant), les chansons s’appuient sur des sons dance-rock et elles donnent envie de danser. Les connaisseurs reconnaitront des inspirations de ABBA et même de Madonna, et une atmosphère qui rappelle certaines sonorités des années 1980 tout en les modernisant avec des basses bien solides et en les densifiant quelque peu. Bien évidemment, les sons très saturés sont de mise et, regrettablement, l’extension vocale couverte par les chansons est moins importante que les talents de Beth Ditto ne le permettent.

Un bon travail, qu’on apprécie et qui est bien ficelé et cohérent à l’exception de “Get Lost” (une chanson à cheval entre les sonorités des années 1980 et des 1990, qui n’offre pas grande chose de nouveau et qui n’aurait probablement pas dû faire partie de l’album; bref, je n’ai pas aimé ce tube).

Pour nous quitter, voici Perfect World, premier single tiré de cet album. Bonne route!

Gossip – Perfect World