vendredi 13 janvier 2012

Panoramas sardes–Récit de voyage #3

Cette semaine, j’ai bien profité de l’air citadine (et de l’ADSL) à Cagliari (puisque je suis à nouveau au village, pas beaucoup de liens hypertexte Gêné…mais il faut savoir que Cagliari est la plus grande – et selon certains la seule – ville de la Sardaigne, chef-lieu régional et ancien siège du vice-roi espagnol au XVII siècle).

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Mairie de Cagliari (en blanc)


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Bateaux dans le port de Cagliari


C’est une ville portuaire, avec un centre-ville qui donne sur la mer et où il est agréable de se promener (et aussi de faire des achats… – toutefois, les boutiques sont bien vides par ces temps de crise économique en Italie).


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D’autres bateaux en face de Cagliari


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Stade “Sant’Elia”, siège de l’équipe de foot du Cagliari (seule équipe un peu importante en Sardaigne)


Un des atout de Cagliari, c’est d’avoir une plage (qui est, très probablement, la plus grande de l’ile): la plage du Poetto. Dès qu’on s’approche, on voit apparaitre la selle du diable, une colline à la forme de selle pour cheval qui se trouve juste au début de la plage (“Marina piccola”).


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“La sella del diavolo”, Marina piccola, Poetto


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Port de plaisance, Marina piccola, Poetto


A Marina Piccola on trouve aussi un petit port, pour des bateaux de plaisance…mais aussi pour des petits bateaux à voile télécommandés. Ce sont ceux-là qu’on voit sur la photo: des engins dont on contrôle les voiles et le timon, et qui bougent grâce à la force du vent.


De l’autre coté, on trouve la véritable plage, avec du sable fin et une mer propre, ce qui est agréable même quand il ne fait pas très chaud comme en janvier…

On ne peut pas nager ni bronzer par ce froid, mais tant qu’il y a du soleil on peut se promener le long de la mer et chercher les “yeux de S.te Lucie”, soit des petits coquillages porte-bonheur.


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Poetto



Aujourd’hui on a quitté la ville pour nous rendre dans ce “joyeux petit village”, en passant par Sadali, Gairo et Nuoro. Ce n’est pas la route la plus courte, mais il y a des tas de beaux panoramas à voir!
Voici quelques photos des endroits qu’on a vu et visités, avec des courtes descriptions.


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Panorama collinaire, vers Samassi


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       Lac du “Medio Flumendosa”        

Il s’agit d’un des nombreux lacs artificiels en Sardaigne, le seul lac naturel étant le Lac de Baratz, dans le nord de l’ile.


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Montagnes, vers Sadali

Vue depuis une route de montagne, peu fréquentée et très panoramique. Après cela, on s’est arrêtés pour prendre un sentier dans la campagne de Sadali…


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…voici le sentier; même si la plus grande partie était bien moins fatigante que cela, j’ai “réussi” à faire une – petite – crise d’asthme…mais ça en valait la peine!
 


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En effet, les montagnes étaient juste sublimes: les deux falaises qu’on voit dans la photo s’offraient soudainement à la vue…

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…le tout dans une végétation luxuriante et à côté d’un ruisseau (ce qui est plutôt rare en Sardaigne). Mais le mieux était encore à venir!

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Su stampu de su turnu, Sadali
Une cascade avec un mini-lac bleu clair est apparue au milieu des rochers, dans un environnement féérique! Quelle merveille!


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     Su stampu de su turnu, Sadali


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Su stampu de su turnu, Sadali

Malgré le soleil, il y avait des stalactites de glace

 

Après la visite de la cascade, nous avons repris la route vers Gairo. Il s’agit d’un village assez spécial: puisque le vieux village était menacé par des écroulements de terrain, un nouveau village a été reconstruit plus en amont. On voit donc désormais deux villages, le Gairo nouveau en haut, et le village-fantôme de Gairo vieux en bas.



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Gairo vieux et Gairo nouveaux


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Le village fantôme de Gairo vieux


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Route vers Gairo


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Route vers Gairo


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La mer au loin, après Gairo

Et à la fin de cette longue route, nous sommes enfin arrivés au village pour quelques jours!

Après tant d’images de beaux paysages, quittons nous avec une chanson qui parle elle aussi de quelque chose de beau, Something beautiful de Robbie Williams (elle passait cet après-midi à la radio, ce qui aura permis à plusieurs – dont moi – de se remémorer d’anciens souvenirs…comme quoi la musique du début des années 2000 n’est pas toute bonne à jeter Clignement d'œil). Bonne route!

Robbie Williams, Something beautiful

mardi 10 janvier 2012

La religieuse

En vacances j’ai finalement le temps de lire un peu…et, si je considère les livres qui attendent d’être feuilletés, je n’ai que l’embarras du choix. Puisqu’il faut bien commencer quelque part, j’ai choisi “La religieuse”, une œuvre réalisée à la fin du XVIIIe siècle par Denis Diderot et devenue désormais un classique de la littérature française.

Diderot, Denis (2000) La religieuse. Paris: Librairie Générale Française, 319 pp.



L’écrivain et philosophe français (qui était par ailleurs né le même jour que moi, bien que dans un autre siècle) est plus connu pour l’Encyclopédie et pour son rôle majeur dans le mouvement des Lumières que pour ce petit roman dont je vais parler.

Louis-Michel_van_Loo_001Portrait de Denis Diderot, par Louis-Michel Van Loo (1767)
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Marc-Antoin-Nicolas de Croismare dans une gravure de Charles-Nicolas Cochin

Il s’agit d’une œuvre dont la réalisation est drôle et bizarre. Diderot et son entourage avaient un ami, le marquis de Croismare, qui avait quitté Paris et était parti à la campagne pour quelques temps; pour le convaincre à retourner dans la capitale, Diderot et ses amis avaient imaginé une histoire assez alambiquée.

En effet, quelques temps auparavant, ledit marquis s’était intéressé à l’histoire d’une bonne sœur qui, se plaignant du fait que ses vœux lui avaient été extorqués, essayait de quitter son ordre et de reprendre une vie séculaire. Une fois que le marquis quitta Paris, Diderot commença à lui envoyer des lettres se faisant passer pour la bonne sœur, qui se serait enfuie du couvent et demanderait de l’aide au marquis lui-même. Le marquis tomba dans le piège, en offrant de l’aide à la jeune femme. Cependant, quand il proposa qu’elle le rejoigne à la campagne, Diderot essaya d’abord de prendre du temps, en faisant tomber malade la fantomatique religieuse, et ensuite il décida de la tuer.

Le roman se compose de deux parties: une partie contient la vraie correspondance entre le marquis de Croismare et “la religieuse” (soit Diderot) et une autre partie, bien plus longue, contient des mémoires que “la religieuse” avait rédigées à l’intention du marquis juste avant de mourir. Ce sont ces mémoires qui représentent le cœur de l’ouvrage.

La religieuse Suzanne Simonin est le personnage principal, et aussi l’unique narrateur, du moins dans la partie des mémoires (puisque dans la correspondance on trouve aussi le marquis, une fantomatique dame qui aurait assisté la “religieuse” et Diderot lui-même, qui présente le récit).

Elle explique son histoire d’enfant illégitime, placé de force au couvent pour ne pas porter préjudice aux enfants légitimes (ses demies-sœurs). Une fois au couvent, elle rencontrera plusieurs personnages usés et névrosés par la vie communautaire, et tout particulièrement ses mères supérieures.

Diderot avait l’expérience des méfaits de la vie religieuse, puisque sa sœur était devenue folle et morte au couvent, et li avait  lui aussi été enfermé au couvent pendant sa jeunesse; il profite donc du monologue de Suzanne pour s’élever contre les perversion que la vie monastique instille dans l’âme des gens - et cela, bien évidemment, depuis son point de vue d’homme des Lumières.

Ainsi, Suzanne rencontre d’abord une mère supérieure “illuminée”, en proie à des délires mystiques et qui s’auto-convainc d’avoir la foi et une relation privilégiée avec Dieu. Suite à sa mort par folie, causée par une crise spirituelle, Suzanne connait un deuxième couvent et une deuxième mère spirituelle: elle est sadique et superstitieuse, et elle mortifie la chair et le corps des bonnes sœurs à l’aide du cilice et d’autres instruments. Finalement, ayant appelé l’évêque au secours, Suzanne réussit à migrer vers un troisième couvent et là elle connait sa troisième mère supérieure, qui s’entoure d’un véritable harem de jeunes nonnes et essaye de séduire la naïve héroïne. Quand finalement elle s’enfuit, elle doit se cacher mais elle goute un petit peu à la liberté, bien que seulement pour une très courte durée: elle tombe malade et elle meurt peu après (faute de pouvoir rejoindre le marquis à la campagne en chair et en os!).

L’œuvre peut être analysée à plusieurs niveaux. Tout d’abord, la qualité de la narration est excellente: les descriptions sont abondantes et touchantes, mais jamais excessives; les dialogues permettent à d’autres personnages de prendre la parole, et enrichissent le nombre de points de vue présents dans le roman; finalement, les réflexions de Suzanne permettent à Diderot de se manifester lui-même et d’exprimer ses idées philosophiques anticléricales et libertaires.

Ces réflexions prêtées à Suzanne la caractérisent comme un personnage particulièrement complexe. Si elle possède presque entièrement des caractéristiques que Diderot et les hommes de l’époque considèrent exclusivement féminines (elle est volubile, irrationnelle, naïve, fragile), elle a parfois des moments de lucidité et d’extrême rationalité…qu’elle n’ose toutefois pas assumer jusqu’au bout, et en tout cas jamais sans un support masculin. Pour cette raison, le roman n’est pas seulement une belle œuvre de fiction, mais aussi une bonne source pour analyser la construction sociale du genre.

Diderot ne nous fournit cependant pas seulement de la matière sur le genre, mais aussi sur la construction sociale de la sexualité. En effet, toute une partie des mémoires de Suzanne contient la description minutieuse de ce que Michel Foucault et d’autres auraient identifié, deux siècles plus tard, comme la surveillance et la disciplinarisation des corps (voir ici par exemple). En effet, quel meilleur endroit que les couvents pour dresser les corps et les surveiller?


Panopticon

Plan du Panoptique par Jeremy Bentham. Il s’agit du modèle idéal de structure de surveillance à la fin du XVIIIe siècle

Ce processus va plus loin que le corps, jusqu’à pénétrer l’esprit des surveillés par une microphysique du pouvoir, à l’œuvre dans des dispositifs (ou devrait-on les appeler des rituels) tels l’aveu, la confession etc. Or, dans le roman de Diderot, on observe ces mécanismes en action: par exemple, l’aveu sur l’adultère de sa mère, opportunément filtré par les hiérarchies religieuses, convainc Suzanne à rentrer au couvent; ce sont encore des aveux sur la nature des sentiments de la mère supérieure qui mettent en discussion leur relation, après avoir été analysés et disséqués par des tierces personnes.

Ces étapes  vers l’aveu, la médiation d’un expert (confesseur ou autre) et l’introspection médiatisée par les instruments de l’experts (par exemple par les notions religieuses) sont exactement celles décrites par Michel Foucault dans Histoire de la Sexualité I: La volonté de savoir (pour avoir un résumé de ce livre agrémenté de citations, écrivez-moi)… Et ce n’est sans doute pas un hasard si “La religieuse” est l’une des sources sur lesquelles Foucault s’appuie pour construire sa théorie sur la construction sociale de la sexualité!

Tout en s’inspirant du romancier anglais Samuel Richardson, qu’il admire, Diderot mène aussi un discours anticipateur des fondements des sciences sociales. En effet, Diderot ne dénigre et ne se moque pas de la religion ou d’autres comportements qu’il juge irrationnels (et d’autant plus lointains de on point de vue qu’il est pleinement intégré dans les Lumières): il essaye de les comprendre (même si ce n’est que pour mieux les combattre), dans une démarche qui n’est pas sans rappeler la sociologie compréhensive de Max Weber.

Diderot donc ne se contente pas d’écrire un roman: il veut raconter comment certains parcours individuels sont, au final, socialement construits. Il ne veut pas imposer son point de vue de philosophe de manière déconnectée de la réalité, mais il exploite un récit vraisemblable pour rendre la réalité intelligible au lecteur et ainsi faire mieux accepter sa réflexion philosophique. Pour ce faire il maquille la réalité de manière consciente, et il le revendique. Puisqu’on a déjà traité de la limite entre la réalité et la fiction dans la création littéraire quelques temps en arrière, il me semble intéressant de reporter ici quelques propos de Diderot lui-même à ce propos:

Le monde où nous vivons est le lieu de la scène; le fond de son drame est vrai; ses personnages ont toute la réalité possible; ses caractères sont pris du milieu de la société; ses incidents sont dans les moeurs de toutes les nations policées; les passions qu’il peint sont telles que je les éprouve en moi; ce sont les mêmes objets qui les émeuvent, elles ont l’énergie que je leur connais; les traverses et les afflictions de ses personnages sont de la nature de celles qui me menacent sans cesse; il me montre le cours général des choses qui m’environnent. Sans cet art, mon âme se pliant avec peine à des biais chimériques, l’illusion ne serait que momentanée, et l’impression faible et passagère.” (p. 292)

Au diable le conte et le conteur historiques! c’est un menteur plat et froid. – Oui, s’il ne sait pas son métier. Celui-ci se propose de vous tromper; il est assis au coin de votre âtre; il a pour objet la vérité rigoureuse; il veut être cru; il veut intéresser, toucher, entrainer, émouvoir, faire frissonner la peau et couler les larmes; effets qu’on n’obtient point sans éloquence et sans poésie.” (p. 295)

En somme, il s’agit d’un ouvrage beau, riche et enrichissant, et particulier, dont je vous recommande vivement la lecture. Pour avoir un aperçu de ce que vous allez trouver en le feuilletant, en voici un extrait.

Je m’arrangeai dans ma cellule; j’assistai à l’office du soir, au souper, à la récréation qui suivit. Quelques religieuses s’approchèrent de moi, d’autres s’en éloignèrent; celles-là comptaient sur ma protection auprès de la supérieure; celles-ci étaient déjà alarmées de la protection qu’elle m’avait accordée. Ces premiers moments se passèrent en éloges réciproques, en questions sur la maison que j’avais quitté, en essais de mon caractère, de mes inclinations, de mes gouts, de mon esprit; on vous tâte partout; c’est une suite de petites embuches qu’on vous tend, et d’où l’on tire les conséquences les plus justes. Par exemple, on jette un mot de médisance, et l’on vous regarde; on entame une histoire, et l’on attend que vous en demandiez la suite, ou que vous la laissiez; si vous dites un mot ordinaire, on le trouve charmant, quoiqu’on sache bien qu’il n’en est rien; on vous loue ou  l’on vous blâme à dessein; on cherche à démêler vos pensées les plus secrètes; on vous interroge sur vos lectures; on vous offre des livres sacrés et profanes; on remarque votre choix; on vous invite à des légères infractions à la règle; on vous fait des confidences, on vous jette des mots sur les travers de la supérieure: tout se recueille et se redit; on vous quitte, on vous reprend; on sonde vos sentiments sur les mœurs, sur la piété, sur le monde sur la religion, sur la vie monastique, sur tout. Il résulte de ces expériences réitérées une épithète qui vous caractérise, et qu’on attache en surnom à celui que vous portez; ainsi je fus appelée Sainte-Suzanne la réservée.” (pp. 169-170)

Pour nous quitter, voici une chanson que j’aime bien et où il est fait mention d’une bonne sœur ainsi que d’une mère supérieure (pas facile de trouver de chansons sur le sujet!): Vertige de l’amour du français Alain Bashung. Bonne route!

Alain Bashung, Vertige de l’amour

samedi 7 janvier 2012

Olives–Récit de voyage #2

Pendant ces quelques jours dans le village avant de bouger vers Cagliari, je me suis dédiée à cueillir des olives. On touche en effet à la fin de la période de cueillette des olives, et il se trouve que l’on en possède quelques plantes.

Après deux jours de vent et de temps nuageux, depuis ce matin il fait beau, donc le travail est agréable.

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Il y a plusieurs manières de procéder. Pour des plantes petites et pas trop chargées on prend les fruits avec les mains. Si, au contraire, les plantes sont grandes et ont beaucoup de fruits, on essaye d’avancer plus vite.

On met des filets par terre, en dessous des plantes…

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…et puis on fait tomber les fruits en “peignant” les branches à l’aide d’un petit râteau.

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Par la suite, on plie les filets…

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…et on dépose les olives dans des caisses ou autres récipients aptes à en assurer le transport jusqu’au

Les machines pour extraire l’huile sont en effet plutôt couteuses, et pour des petites quantités la meilleure chose à faire est de se rendre dans un établissement privé et d’utiliser leurs machines en moyennant une petite somme d’argent. Là-bas, les propriétaires de la structure travaillent les olives et ils vous rendent l’huile à la fin.

La quantité d’huile qu’on peut obtenir des olives varie selon l’année (donc, selon la qualité des olives elles-mêmes et le rapport entre la quantité d’huile et celle d’eau qu’elles contiennent). Ici ,cette année, elles ont une “productivité” de 16% de leur poids original, c’est à dire qu’avec 100 kg d’olives on obtient 16 litres d’huile.

Il y a d’autres choses qu’on peut faire avec les olives, notamment les préparer pour qu’elles soient comestibles. En effet, on ne peut pas manger les olives dès qu’on les cueille de l’arbre: elles sont trop amères et indigestes. Pour qu’elles deviennent mangeables, il faut leur ôter leur amertume; on peut le faire avec diverses substances chimiques, dont la soude, mais dans un contexte familial et en suivant les méthodes traditionnelles on utilise du sel et de l’eau (voir par exemple ici et ici)

Maintenant que vous en savez un peu plus sur ce joli produit de la terre qu’est l’olive, quittons nous avec un morceau du compositeur japonais Joe Hisaishi, que j’aime beaucoup. Bonne route!

Joe Hisaishi, Oriental wind

jeudi 5 janvier 2012

33 heures (8h10-17h45) (récit de voyage #1)

Comme la plupart des gens, moi aussi, de temps en temps, je prend des vacances et j’ai le loisir de voyager. Depuis mes mésaventures indiennes, je trouve cependant l’air des avions trop sèche (ce qui m’irrite terriblement la gorge) et pas assez fréquemment changée (ce qui ne m’irrite point mais me dégoute passablement): c’est pour ces raisons que j’ai décidé d’aller en Sardaigne…mais en bateau!

Voici quelques images de ce long périple (d’autant plus long que, comme certains le savent déjà, je ne conduis pas et je dois me faire transporter par des moyens publics ou par des gens qui, eux, savent conduire).

Comme je l’ai mentionné il y a quelques temps, j’aime bien prendre différents moyens de transport.

Commençant par le plus simple, je suis sortie de chez moi à 8h10 et j’ai utilisé mes pieds pour me rendre à l’arrêt de bus où j’ai ensuite pris le bus jusqu’à la gare de Renens.

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Là-bas, j’ai pris un train jusqu’à Genève.

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Gare de Renens (VD)

La gare de Genève a été récemment renouvelée, et s’il est vrai que les couloirs sont à présent plus larges, c’est aussi frappant que certaines parties de la gare soient beaucoup moins accessibles. Notamment, pour vous rendre sur les voies internationales 7 et 8 (direction France), il se pourrait que vous ayez à contourner toute la gare, ou même à en sortir pour y rentrer par une porte secondaire Surpris En tout cas, s’il vous arrivait d’être perdus, n’hésitez pas à demander conseil au personnel sur place: vous pourriez prendre part à une conversation comme celle que j’ai eu hier matin….

Moi: Excusez moi Monsieur, pour la voie 8….?

Le gars: Vous êtes sur la voie 1!

Moi: Oui je sais (sous-entendu: c’est marqué en grand et je SAIS lire!)

Le gars: Ben venez…vous devez aller là-bas….mais, vous ne savez pas?

Moi: Non, je ne sais pas (sous-entendu: généralement, y a-t-il beaucoup de gens qui demandent des informations tout en les connaissant déjà?!)

Bien, j’ai finalement réussi à prendre un confortable train régional pour Valence et à parcourir une bonne distance tout en voyant des jolis paysages comme celui ci-dessous.

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Train régional GE-Valence 

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Bourg et petit port sur la route pour Valence

A la gare de Valence TGV, j’ai pris un TGV pour Marseille.

Ah, quelle joie que de prendre cette merveille de la technique: un espace bondé, chaud et où, en plus, il n’y a pas assez de place pour les affaires; on doit s’improviser garçon de bagages, mais après dix minutes, une bonne activité physique pour réarranger les valises des autres et un peu de bonne volonté pour ranger la sienne…on en vient au bout!

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Gare de Valence TGV 

Une fois à Marseille, nouveau changement de moyen de transport: métro, tram, et enfin un petit trajet en navette pour atteindre le bateau.

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Escaliers et escalateurs du métro marseillais, gare St-Charles

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Tram marseillais, ligne T2

J’ai voyagé en cabine sur le navire Kalliste, de La Méridionale. Il s’agit d’un navire assez neuf et assez propre, confortable, qui ressemble à cela:

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Navire Kalliste, intérieur d’une cabine de 1ère classe avec hublot


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Navire Kalliste, image extérieur (entre autres)

La mer était agitée, mais le voyage a été confortable – c’est tout de suite moins ennuyeux dès qu’on a de la lecture et une télé dans la cabine Clignement d'œil; parti à 19h00 de Marseille, le navire a d’abord atteint Propriano (Corse) vers 6h30 du matin, et puis Porto Torres (Sardaigne) vers 12h30.

Après cela, d’abord trajet en voiture jusqu’à Nuoro, juste le temps d’y regarder un coucher de soleil et puis encore en voiture jusqu’à Benetutti, petit village au milieu de l’île, où ce soir il y a beaucoup de vent et il fait passablement froid (non, soyons honnêtes: ça caille vraiment!!! Glaciale Orage).

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Route SS131

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Panorama avec église et nuraghe depuis la route SS131

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Coucher de soleil à Nuoro

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Route menant à Benetutti

En attendant de voir quelle sera la suite de ces trois semaines de vacances sardes, quittons nous avec un morceau qui fait partie de ma colonne sonore iPod pour ce voyage, The Intergalactic Version du dernier album des Electric Six (dédicace spéciale à S.L.). Bonne route!

The Intergalactic Version, Electric Six

P.S.: Je sais que dans ce post il n’y a pas de liens hypertexte, mais pour quelques jours je dois utiliser une de ces très lentes (et très énervantes) clés USB pour me connecter…eh, ça arrive!